Le site des Moulins de France
ArabicBasqueBelarusianBulgarianCatalanChinese (Simplified)CzechDanishDutchEnglishFinnishFrenchGermanGreekHebrewHungarianItalianJapaneseLithuanianNorwegianPersianPolishPortugueseRomanianRussianSpanishSwedishTurkishUkrainian

can
Moulin fortifié de Canet. Photo D.Charpentier

Ce moulin fortifi é, classé monument historique (I.S.M.H 1948), est situé dans la commune de Canet, département de l’Aude, à une douzaine de kilomètres de Narbonne (canton Narbonne Ouest), région du Languedoc-Roussillon, Communauté de Communes de la région lézignanaise. Le moulin est situé à quatre kilomètres de la commune.

n29canet2
Moulin de Canet vers 1893. Collection JPH Azéma

n29canet3

Moulin de Canet vers 1900. Collection JPH Azéma

Le moulin de Canet appartenait aux archevêques de Narbonne en vertu d’une donation attribuée à Charlemagne. Il était, à ce titre, noble et donc exempt de redevances, mais aussi banal, c’est à dire d’usage obligatoire pour les habitants de Cantet et de Ventenac. Son importance est attestée par le montant du bail : 1900 livres et dix paires de chapons en 1752 après les travaux de construction. Vers 1855, il est agrandi et transformé en minoterie par la famille Barthez. Au XXème siècle la famille Ponrouch l’abandonne après un incendie en 1928, pour le moulin de Saint Nazaire. A côté du moulin proprement dit, une tour fortifi ée hexagonale, de 24 mètres sur 10, pour une hauteur conservée de 17m, servait probablement de grenier et de réserve. La salle de rez-de-chaussée de forme pentagonale est encombrée par du limon de crue. Son angle ouest sert d’éperon. Elle se compose d’une voûte en berceau plein cintre avec deux séries de trois arcatures en arc brisé.
Les murs ne sont percés que par des baies très étroites. La corniche en quart de rond, située à la naissance de la voûte, supportait un plancher divisant en deux ce volume haut de 6m.

c3
Moulin de Canet – Escalier intérieur – Photo JL.Zerr

c4

Moulin de Canet – Escalier intérieur – Photo JL.Zerr

Les trous de solives très rapprochés indiquent une recherche de solidité sans doute à cause des lourdes charges qu’il était destiné à supporter.
Cet étage intermédiaire possède ses propres ouvertures.
Au-dessus une seconde salle est couverte par deux travées en berceau brisé portées par trois arcs doubleaux. Les murs sont percés d’une douzaine d’archères. La terrasse sommitale conserve les restes d’un garde-corps crénelé.
Dans « la Meunerie Française » n°96 d’août 1893 on peut lire : « C’est là que Marc Boyer (propriétaire exploitant) a installé sa minoterie dans d’anciennes constructions qui ont conservé l’aspect de vieilles forteresses… C’est principalement à Narbonne que M. Boyer écoule sa fabrication ; là, il y a une population de presque 30.000 habitants un débouché naturel… La minoterie de Canet est restée fi dèle à ses traditions de travail et de culte de progrès. L’outillage y est moderne et si la fabrication journalière n’atteint pas le gros chiffre de celles qui peuvent l’environner, on y travaille bien, avec des outils qui montrent par leur variété et leur provenance le savoir-faire du maître de l’usine.
C’est ainsi que nous rencontrons dans le nettoyage une laveuse système Alibert et Cie, munie de son nouveau cuvier-épierreur, un épurateur complet de Lhuillier frères de Dijon. La mouture s’effectue avec un fendeur Rose frères de Poissy, un comprimeur Muzey d’Auxerre, un broyeur Hignette de Paris, deux appareils à cylindres de Bulher d’Uzwill. En ajoutant à cela des sasseurs système Rose frères de Poissy, et des bluteries à pans, nous constatons que Marc Boyer est parfaitement bien outillé pour travailler ses 400 kilos de blé à l’heure et fournir à sa clientèle une excellente farine ».

c5
Moulin de Canet – Salle voûtée – Photo JL.Zerr

c6

Moulin de Canet – Salle voûtée – Photo JL.Zerr

c7
Moulin de Canet – Salle voûtée – Photo JL.Zerr

La dernière visite que nous avons effectuée fin février au moulin de Canet nous laisse sans voix. Nous sommes tristes de constater que le classement d’un tel monument ne veut rien dire fi nalement. Si des mesures ne sont pas prises pour conserver la ruine même en l’état, nous ne tarderons pas à contempler un tas de pierres qui portera toujours la mention I.S.M.H.
Sur la terrasse sommitale, un fi guier a élu domicile et essaie de trouver de quoi se nourrir entre les briquettes de la voûte. La salle du rez-dechaussée est inaccessible tant le limon des crues répétées s’est déposé.
Ce site appartient à un propriétaire privé. Peutêtre pourrions-nous étudier un projet de chantiers annuels pour enrayer la dégradation et consolider les ruines ?

Jean Louis Zerr – Article paru dans le Monde des Moulins – N°29 – juillet 2009

Voir la fiche du moulin >>

Catégories : Zoom

0 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *