Le site des Moulins de France
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1- Un milieu familial ouvrier

Jacques Beauvois est né le 11 janvier 1938 à La Ferté-sous-Jouarre. Son enfance se déroule au 40, rue de Condé à deux pas des ateliers de la Grande Société Meulière Dupety-Orsel. Son grand-père, Victor Beauvois, originaire de Bully-les-Mines (Pas-de-Calais) père de onze enfants, est appelé dans la vallée de la Marne pour construire la nouvelle briqueterie de Luzancy. Logé avec sa compagne et ses enfants par l’usine, il construit deux fours en continue Hoffmann, les nouveaux bâtiments en extension de la briqueterieplatière et une petite cité de cinq à six maisons, à Messy, dans la plaine de la Marne. Il quitte son employeur et s’établit comme artisan constructeur-restaurateur de maisons briardes et puisatier. Augustin Beauvois, le père de Jacques, entre dans l’entreprise familiale comme apprenti et travaille comme maçon-puisatier. A 20 ans il est compagnon et emploie la pierre meulière dans ses travaux, ce déchet de carrière, matériau extrait remonté par les labours. Il se marie à 43 ans avec Anne-Marie Berchem (39 ans) originaire du Luxembourg. Elle a déjà eu deux enfants avec un mineur de gypse, de Lagrange, décédé dans l’effondrement d’une galerie en 1933. En 1938, son père perd son emploi et la famille quitte Messy pour La-Ferté-sous- Jouarre. Il travaille comme journalier, chargeant des wagons SNCF de betteraves sucrières au moyen d’une fourche. Pour la manoeuvre, les wagons sont tractés par des chevaux. Un jour, un wagon se détache. Augustin se fait prendre entre deux wagons. Le buste est écrasé au-dessous de la cage thoracique. Il est transféré et soigné d’urgence à l’hôpital de Meaux. Lors de la déclaration de guerre, en 1939, il est examiné par la médecine militaire et reconnu apte ! Mobilisé, il est incorporé dans le Régiment nord-africain de cavalerie. Blessé, et prisonnier en Allemagne, il revient en 1941 et meurt à l’hôpital du Val-de-Grâce. Jacques a alors trois ans.

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Jacques BEAUVOIS – Ussy sur Marne

2- Une enfance pauvre

Sa maman est donc veuve. Jacques se trouve alors orphelin de guerre et pupille de la nation. A l’école, les instituteurs ne sortent pas les enfants de l’enceinte scolaire. Ils dispensent une instruction traditionnelle sans ouverture sur le monde. Le jeune garçon est scolarisé pour quelques mois à l’école de Sept-Sorts. Son enfance est marquée par beaucoup de privations. Sa mère dispose d’une certaine culture. Elle aime les livres et la musique classique. Au cours de la guerre 1939-45, pour survivre au quotidien, elle se rend de ferme en ferme pour trouver à manger, poussant une poussette à quatre roues en aluminium, se fait parfois jeter par les paysans qui lui envoient leurs chiens. Durant toute son enfance, le jeudi, jour des gosses, il joue avec ses copains dans les carrières abandonnées du Tarterel, du Four blanc, du bois de la Barre, et avec eux construit des cabanes. Ils font de petits feux, et visitent les vergers. Dans le bois de Comporté, il joue à Tarzan en s’accrochant aux lianes et rentre à la maison, le pantalon déchiré. Lors de l’offensive allemandede 1940, il découvre dans les bois  des chapelets de détonateurs abandonnés sur le sol, des bandes de mitrailleuse, des cartouches de fusil Lebel-Mass 36, qui sont imprudemment jetées dans le feu. Il lit Jules Verne, Robinson Crusoe, Robinson Suisse. L’été 1944, c’est l’arrivée des soldats américains et du Général Patton à La Ferté. Il assiste au passage d’un convoi de déportés et au passage de l’armée libératrice.

3- 1952-1955 : Un dur apprentissage à la Société Générale Meulière

Début juillet 1952, à 14 ans, Jacques sort de l’école et est embauché à la SGM sur recommandation de monsieur Demage (ingénieur), une connaissance de sa maman, rencontrée dans le cadre de l’Association de Anciens Combattants et Victimes de Guerre. Jacques est embauché comme ajusteur dans les ateliers construits le long de la voie de chemin de fer de Paris-Strasbourg. Il travaille avec le fils d’un ancien meulier, vieux compagnon portant des sabots, méprisant les apprentis. Le jeune homme est soumis à rude épreuve. Le vieil ouvrier est un caractériel. Il chante ou fait la gueule. Il ne lui adres se jamais la parole, ne lui donne aucune indication, le laisse se débrouiller seul. Il travaille au montage de matériel de minoterie : bluteries, plansichters, vis sans fin, trieurs, nettoyeurs. Il n’a jamais vu la construction d’appareils à cylindres, déjà abandonnée en cette fin de vie de l’usine. Il a peut-être vu l’assemblage de Soder. Jacques a assisté à la réalisation de conduits, et de bâtis de machines en bois de pin d’Orégon. Les wagons chargés de bois rentrent directement dans l’usine. Cela le fait rêver. Il pense aux indiens d’Amérique, aux films westerns. Les convois arrivent directement du Havre ou de Rouen. Ce bois, très blond, n’est pas sujet à l’attaque des vers. De coffres de matériel de minoterie, plansichters, conduits à farine, vis sans fin etc. Les charrons assurent la restauration et la fabrication des tombereaux, des charrettes en chêne, hêtre ou acacia, des brouettes de carriers. Au bout de trois à quatre mois, il rejoint l’atelier de mécanique et s’initie au fonctionnement des machines-outils sous l’autorité d’Arthur Carré, un ouvrier issu d’une vieille famille de carriers et meuliers. Le jeune homme tourne des poulies, des axes, des flasques pour des bâtis de fonderie destinés aux machines. Durant la période hivernale, le froid tombe sur l’usine. Le matin, les arpettes doivent arriver de bonne heure pour allumer les poêles en récupérant des copeaux et de la sciure. Les machines-outils bloquent, grippent. Cette période de travail à la SGM est une réelle épreuve pour le jeune apprenti. Il n’est pas payé et ne peut envisager de suivre les cours du soir, la SGM ne cotisant pas à la chambre des métiers de Meaux.

En décembre 1953, l’annonce de la fermeture de l’usine SGM se répand dans toute la ville. Dans un dernier sursaut, avant Noël, le syndicat départemental CGT organise un meeting devant l’usine. Depuis les grandes grèves d’avant 1914, il n’y a plus de syndicat dans l’usine. Le cortège se rend jusqu’à la mairie. L’usine s’était lancée dans la fabrication d’une décortiqueuse de maïs, construite selon un brevet défectueux, ce fut le coup de grâce. Le constructeur suisse Bühler domine alors un marché du matériel de meunerie en contraction. D’importantes concentrations industrielles marquent cette période. La SOCAM (SOciété de Construction d’Appareils de Meunerie) s’est constituée en fusionnant les constructeurs Teisset- Rose-Brault (Chartres et Poissy) et Lafont (Tours). SOCAM absorbe ensuite la SGM, pour éliminer l’entreprise et racheter les brevets. Il y a alors 250 à 300 ouvriers sur le site de La Ferté. L’usine reste fermée pendant un an et demi jusqu’à l’été 1955. Au printemps 1956 la Société Gondard, spécialiste des broyeurs à marteaux, rachète l’usine, se délocalise de Paris et s’installe à La Ferté.

4- 1955-1994 : Parcours d’un ouvrier tourneur devenu électricien

Jacques se retrouve alors au chômage, sans ressource. Il est temporairement obligé de travailler, près de chez lui, dans une ferme rue de Condé. Il nettoie les étables évacuant le fumier et le transportant jusqu’à la Haute-Borne.

En 1955, il rentre ensuite chez les Etablissements Formisin, manufacture de briquets à La Ferté. Il y travaillera un an, fabriquant de petites pièces à l’emportepièce actionné par un balancier. Il touche alors sa première paye… Il quitte cette société pour intégrer l’entreprise Gondard. Il décharge alors des machines outils, les prenant sur des wagons à plateau et les plaçant sur des lorries (chariots sur rails). Monsieur Demage est directeur de fabrication. Durant un an, jusqu’en 1956, Jacques est embauché comme ouvrier tourneur. Il travaille sur un tour provenant de Magdebourg, portant en creux l’estampille des croix gammées. Il s’en va, suite à un accrochage avec un autre ouvrier au sujet d’une question d’ébavurage de pièces.

Il quitte La Ferté pour Meaux, où il a trouvé une place chez Legueux-Camions, une société spécialisée dans la préparation de camions portant des tours de forage mobiles. Les camions ALM (Ateliers Legueux Meaux) sont surtout destinés à la recherche pétrolière au Sahara algérien. Jacques travaille sur des tours. L’entreprise met à la disposition de ses employés des camionnettes Panhard qui permettent aux ouvriers (par trois ou quatre) de se rendre de Saint-Cyr ou de La Ferté, à l’usine de Meaux.
En mars 1958, année de l’arrivée du Général de Gaulle au pouvoir, à 20 ans, il est mobilisé pour le service militaire. Il se rend à Montlhéry puis à Fontainebleau au service des forces de l’Otan, et est nommé responsable d’une aire de stockage de véhicules. Il entretient les véhicules de l’Etat Major français. Il y reste vingt-huit mois. Début août 1960, il retourne chez Legueux, et y travaille un mois. Il est ensuite embauché à Paris comme mécanicien- tourneur, chez le fabricant d’ascenseurs Edoux-Samain, rue Lecourbe, dans le 15e arrondissement. L’ambiance de travail est bonne. Jacques travaille au tour reproducteur à grande vitesse, fabricant des arbres de treuils d’ascenseurs. En 1963, la société Edoux-Samain-Schindler est achetée par Otis. Une usine neuve est construite à Gien, dans le Loiret. Il quitte alors la société et trouve une place de tourneur, à Arcueil, dans une entreprise sous traitante de la SEPR. Il y travaille un an. En 1967, il rentre chez EDF au service de l’éclairage public de la ville de Paris. Il apprend l’électricité et procède au changement de tension. En 1987, le service étant dissout, il est muté et occupe un poste au centre EDF de La-Ferté-sous-Jouarre. Il travaille pendant huit ans dans le service distribution et exploitation commerciale et prend sa retraite en 1994.

5- 1960 : Début de la sauvegarde la mémoire de l’industrie meulière

De retour de l’armée, Jacques trouve beaucoup de changements. Les ateliers de la SGM ont été démantelés. Il faut faire quelque chose pour sauvegarder la mémoire de ces industries meulières. En mai 1960, plus aucun bruit ne s’échappe des ateliers. Un silence lourd, insupportable, s’est abattu sur la capitale de la meulière. Il se rend compte qu’une page d’histoire est définitivement tournée. “On nous a pris notre vie” pense t-il. Il se rappelle ces ouvriers meuliers qu’il a long temps observés en train de bâtir des meules, de ces opérations très techniques et savantes du forgeage, du trempage et de l’affûtage des outils à la meule de grés, de l’activité qui régnait autour du four de cerclage.

Le jeune homme ne peut se résoudre à ce que ce silence soit définitif. Il faut rendre hommage à ces milliers d’ouvriers, qui au cours des siècles, ont permis la fabrication des meilleures meules du monde. Une certitude s’impose à lui. Il doit reconstituer le fil ténu de cette activité depuis ses origines. Jacques se sent investi d’une mission dont il ne mesure pas totalement l’ampleur. Il prend son carnet de notes et va rendre visite aux ouvriers qu’il connaît, ou avec lesquels il allait à la pêche. Un petit noyau l’encourage dans cette oeuvre conservatoire de la mémoire ouvrière liée aux industries meulières fertoises. Conforté par ce soutien, il part à la rencontre des contremaîtres, des fabricants et fixe leur mémoire sur tous les supports possibles. Muni d’un magnétophone, il procède à des enregistrements, prend des notes, réalise des photographies en noir et blanc, et filme ces acteurs d’une autre époque. Le week-end, il consacre une grande partie de son temps libre à cette passion. Il mène aussi une démarche permanente de sensibilisation auprès des élus et maires successifs de La-Ferté-sous-Jouarre pour que soient sauvegardés les derniers ateliers et locaux de l’industrie meulière. Les édiles communaux ne réagissent pas. Des centaines de tonnes de matériel sont parties à la ferraille. D’innombrables meules sont jetées au remblai. Une bonne trentaine est enfouie dans les fondations du magasin Leader Price de La Ferté

Le travail d’enquête méthodique porte ses fruits. Monsieur Demage lui remet des documents personnels, des notes de calcul de rayonnage des meules, des photos de l’usine SGM. Ces papiers sont d’autant plus précieux que la SGM, aurait détruit toutes ses archives. Un ancien contremaître de la SGM lui remet quelques outils de meulier. Plus il avance dans cette enquête, plus il en mesure l’impérieuse nécessité. Il demeure curieusement le seul à porter ce lourd fardeau mémoriel, à reconstituer et à défendre, morceau par morceau, comme un immense puzzle, l’histoire et l’honneur des carriers, meuliers et ouvriers qui ont fait la gloire de la ville. Le monde scientifique ne s’intéresse malheureusement pas à cette aventure industrielle. Les vieux ouvriers se plient volontiers à son questionnement, lui livrent leurs vies, leurs secrets, leur passion pour ces durs métiers. Une question commence à se poser avec acuité, celle d’un local de stockage. Où mettre à l’abri tous ces objets récoltés ?

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Ecomusée de la Pierre Meulière – Photo DR.

6 – 1965 : Sauvegarde des meules et sauvegarde des moulins. Même combat.

De la meule au moulin il n’y a qu’un pas que le chercheur-autodidacte franchit très rapidement. La meule prend place dans le moulin, bien évidemment. Il part à la recherche des carrières qu’il fréquentait enfant. Par hasard, il apprend l’existence de l’association de sauvegarde du moulin à vent d’Ymonville, en Beauce. Marie de Palhen l’invite à venir au moulin en 1965- 1966. Dans ce moulin-pivot, il découvre sa première paire de meules en situation de travailler. A Ouarville il rencontre aussi son premier meunier, maître Ferron puis Fernand Barbier et son frère, lui aussi meunier.
En 1965, avec Claude Rivals, Marie de Palhen, Jean Grassin (éditeur), ils sont les seuls français à participer au premier symposium international de molinologie (de la TIMS) au Portugal. De retour à Paris, ces deux derniers proposent à Georges Henri Rivière (fondateur du musée des ATP), qui l’accepte, la création d’une association similaire à celle qui existe alors au Portugal : l’Association Portugaise des Amis des Moulins. (APAM). Jacques fait alors partie des six ou sept personnes qui fondent la première association française de sauvegarde des moulins l’AFAM : Association Française des Amis des Moulins, la mère de tout notre mouvement de sauvegarde des moulins. Les réunions se déroulent chez Jean Grassin. Dans les années1970, il continue et élargit le cadre géographique de ses recherches. A l’occasion de vacances, il part explorer les grands bassins meuliers de France : Epernon (Eure-et- Loir), puis Cénac et Domme (Dordogne), la Forêt de Moulière (Vienne), Cinq-Marsla- pile (Indre-et-Loire). Il y sauve du matériel et des archives, y rencontre des ouvriers et les descendants de familles d’exploitants.

7 – 1980 à nos jours : Création de l’écomusée de la pierre meulière. Un lieu unique au monde.

Le matériel sauvegardé ou acheté s’accumule, et il faut à tout prix le mettre à l’abri dans un lieu approprié. En 1980, il se porte acquéreur d’une maison de meulier ruinée, sise aux Poupelins, sur la commune de Reuil-en-Brie. Il n’y a ni eau, ni électricité. Avec l’aide de quelques amis, il procède à la restauration et à l’adaptation des lieux. Il parcourt alors des centaines de bourses, de brocantes, multiplie les contacts avec des collectionneurs. Il commence à acheter des meules, dans tous
leurs états. En 1981-1982, la première meule qui arrive aux Poupelins est une meule complète, monolithe, pesant 3 tonnes, en provenance du Tarterel. Pour la sortir de son trou il emploie un engin forestier du type Timber Jack. Le transport  n’est pas aisé avec cet outil. L’engin n’est pas adapté à ce type d’intervention. La leçon sera retenue.
Sur le terrain, la situation est très contrastée. Certaines personnes seront très coopératives et d’autres non. A Cénac, le forgeron du village lui réserve un excellent accueil. Il ferme sa forge pour lui montrer les lieux attachés à l’industrie meulière et le mener, aux “Ventoulines”, chez le dernier artisan meulier, Monsieur Mazet. A Domme, un commerçant quitte sa boutique en pleine saison pour aller chercher un ancien ouvrier carrier de la SGM. Après avoir longuement discuté avec Jacques, l’homme repart chez lui, et revient avec une carte postale ancienne sur laquelle posent des ouvriers carriers, et l’offre à Jacques. La recherche est loin d’être un long fleuve tranquille. L’accès à l’information est difficile. Les problèmes relationnels sont les plus ardus. De nombreuses personnes se murent dans la certitude de leurs connaissances, refusant tout entretien. Aucune communication n’est alors possible. Très souvent, dépité, il assiste alors à une perte définitive d’objets rares, d’informations et de mémoire.

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Ecomusée de la Pierre Meulière – Outils de carrières

Chaque achat de meule est une véritable aventure. Il faut arriver à concrétiser l’achat, organiser le transport, coordonner les acteurs entre eux. Jacques doit se déplacer plusieurs fois pour convaincre le propriétaire de vendre le matériel qu’il détient. Cela représente plusieurs milliers de kilomètres parcourus en auto. Il s’est ainsi déplacé cinq fois à Cénac pour conclure l’achat de la grosse pince de carrier (3.50 m de long, 10 cm de diamètre, 80 kg de métal) qui orne le musée.
Reste une question cruciale, celle du transport de ces pierres si originales. Il se trouve obligé de louer du matériel adapté à la manutention d’objets lourds. L’acheminement doit parfois être planifié sur de longues distances. En 1983-1984, il organise le transport de quatre vingt-dix meules en silex (dont quinze pour luimême) en provenance de Bergerac et à destination de La Ferté. Deux camions semi-remorque sont alors mobilisés pour cette opération. Les meules qui ornent les rond-points de la ville de La Ferté proviennent de Cénac. Parfois les circonstances amènent à réagir rapidement. Jacques se souvient d’avoir réussi à transporter une meule de 110 cm de diamètre dans le coffre de sa Ford Taunus break, rien de moins. La dernière paire de meules acquise en 2006, quant à elle, provient du département du Var. Elle a été donnée par la famille d’André Gaucheron.

Au fil des ans, Jacques Beauvois collectionne tous les objets relatifs à la filière Blé-Farine-Pain : Vieux papiers, livres sur la meunerie, cartes postales anciennes, outils, objets, machines, meules, etc. Plusieurs milliers de pièces s’accumulent. Ils doivent permettre de comprendre les anciennes techniques de culture, de récolte des céréales, de stockage, pesage du grain, le travail des meules depuis la carrière jusqu’au moulin et tout ce qui permet de transformer la farine en pain, biscuits, pâtisseries, gaufres, hosties, etc. Une vision complète de cette filière alimentaire si essentielle à la compréhension de notre monde européen. Depuis septembre 2006, la Municipalité de La-Ferté-sous-Jouarre s’est rendue acquéreur de cette collection unique en Europe. Reste à lui donner un lieu adapté et une muséographie étudiée, avec un spécialiste de l’histoire des meules et des moulins. Une autre aventure commence.

Jean-Pierre Henri Azéma – Article paru dans le Monde des Moulins – N°22 – octobre 2007

Catégories : Histoire

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