Le site des Moulins de France
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Le moulin à farine de Haut – Apach est situé en Moselle dans la région des “Trois frontières” (France – Allemagne – Luxembourg) à trois kilomètres de Schengen (connu pour ses accords). Le moulin se compose d’un bâtiment usine, un rez-de-chaussée, deux étages et une maison d’habitation. Il existe en plus , diverses dépendances : frange, écurie, cellier. Le Moulin a été construit sur un cours d’eau non domanial appelé le ruisseau de Mauderen. C’est un cours d’eau à débit rapide (bon pour les truites) qui se jette dans la rivière Moselle. Il est établi sur un site boisé et bucolique protégé du lit majeur du ruisseau de façon à éloigner les risques d’inondation. La construction du moulin a nécessité des travaux d’aménagement du cours d’eau afin d’octroyer un débit suffisant. Le canal d’amené est creusé en amont du moulin tout en laissant le ruisseau suivre parallèlement son cours. Le débit d’arrivée d’eau sur les roues qui sont en dessous est régulé par la vanne ouvrière puis l’eau passe dans les douves construites sous le moulin pour rejoindre le ruisseau. Lorsque la vanne ouvrière est fermée, l’eau rejoint le ruisseau par le canal de décharge.

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René Cridlig au moulin de Haut-Apach – photo DR.

Comme l’atteste un extrait d’archive (dénombrement concernant les biens seigneuriaux et usine de la Maison de MORBACH en l’année 1600), ce moulin a d’abord existé comme possession du duc de Lorraine Charles III avant d’être acquis par le Seigneur Jean de MORBACH qui était également propriétaire du moulin dit “inférieur” (moulin à huile qui n’existe plus). Le moulin a connu au XVIIIème et au XIXème siècle une activité très développée grâce à des installations de grande envergure pour l’époque : comprenant deux paires de meules et deux roues tournantes et employant un grand nombre de valets pour faire commerce de farine jusqu’en Allemagne. Grâce aux archives familiales, nous avons pu reconstituer l’historique du moulin depuis le début du XIXème siècle. Il est entré dans la famille début 1800 (le 8 nivôse an 9). Il a été acquis par Joseph WEBER, meunier de Suzanne MICHEL veuve DIEDERICH de PERL. Joseph WEBER a vendu le moulin à son fils Pierre qui est l’arrière-grand-père de mon épouse Janine CRIDLIG. En 1847 un début d’incendie a nécessité une reconstruction partielle. A la fin du XIXème siècle la vie du moulin fut touchée par le développement des techniques modernes. Pour faire face aux impératifs de rendement, le meunier a investi de 1890 à 1900 dans plusieurs installations notamment deux moulins à cylindre qui augmentent considérablement le débit de mouture. En même temps le moulin s’équipe de plansichters, les bluteries qui effectuent systématiquement tamisage et tri. Le système de transmission des produits à l’intérieur du moulin a été perfectionné grâce à des élévateurs à godets à l’intérieur d’un conduit de bois. Malgré cela, la concurrence des minoteries performantes et bien d’autres facteurs amènent le déclin du moulin qui cessa définitivement de tourner dans la années 1925.

Dans les années 1990, un litige de voisinage pour inondation a perturbé la vie calme du moulin. La ligne d’eau légale du barrage a été abaissée de 55 cm. Cette affaire juridique s’est soldée en 2006 par une bonne nouvelle pour le moulin de Haut Apach… Par un jugement du 4/8/2006 la Cour Administrative d’Appel de Nancy a reconnu que le moulin de Haut -Apach est “fondé en titre”, ceci grâce aux travaux d’un généalogiste strasbourgeois, Mr JOLIVALT. Le moulin est donc intouchable au niveau de sa prise d’eau !

Le côté positif du problème est que cette procédure a réveillé notre intérêt pour la défense de ce patrimoine. Ainsi, nous avons entrepris d’importants travaux de restauration (toitures, gros oeuvre, bief, abords). Ma fille, Laurence, est même tombée amoureuse de ce site et avec son mari ont aménagé intelligemment le moulin pour y habiter. Peu de meubles et beaucoup d’imagination : l’intérieur du moulin a été réhabilité avec le concours d’un architecte. Les travaux de restauration continuent et le prochain objectif est la restauration des roues. L’avenir du moulin se trouve maintenant dans les énergies renouvelables. Avec le concours des enfants, on peut envisager la construction d’une petite centrale hydroélectrique. Cette solution peut sauver les moulins de l’oubli et à mon avis un moulin est mieux intégré dans le paysage qu’une éolienne.

René Cridlig – Article paru dans le Monde des Moulins – N°20 – avril 2007

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