Le site des Moulins de France
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La France a toujours manqué d’énergie, si l’on excepte le bois de ses nombreuses forêts. Aujourd’hui, les mines de charbon d’Anzin, les puits de Pechelbronn et ceux du gaz de Lacq sont fermés. Elle est obligée d’importer des quantités importantes de pétrole et d’uranium pour ses centrales nucléaires. Il n’échappe à personne que l’importation de ces matières l’appauvrit et la rend dépendante des pays producteurs : Arabie Saoudite, Niger, où notre armée n’est pas là pour faire du tourisme.
On peut alors se poser la question : une part de l’énergie hydraulique dont nous disposons est-elle utilisée à son maximum ? La réponse est clairement non.
À quelque temps de la COP21, peut-on dire que cette réunion a abordé le sujet ? Evidemment non.
La COP21 s’est beaucoup intéressée aux problèmes juridiques et a laissé aux animateurs des prochaines réunions le soin de traiter des questions techniques, y compris du rôle de hydroélectricité dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Il est vrai que le sujet est d’une rare complexité et mettre d’accord entre eux 195 participants sur des chiffres relève de l’utopie. Il n’est donc pas ici question de le traiter in extenso mais simplement de nous contenter de quelques données de base pour être à même de suivre les débats ultérieurs.
D’excellents livres sont à la disposition des personnes qui voudraient creuser le sujet.
Des explosions nucléaires ont lieu au centre du soleil. Le rayonnement émis est composé d’ondes électromagnétiques. Elles traversent l’atmosphère terrestre composée principalement d’azote, d’oxygène et d’argon, mais aussi pour ce qui nous intéresse ici, de très petites quantités de gaz carbonique (CO2) 0,04%, de méthane 1,745 ppm et de vapeur d’eau.
La terre est soumise à une puissance de 170 millions de gigawatts par seconde dont 122 sont absorbés par la terre, le complément étant réfléchi sous forme de rayons infrarouges. Ces derniers ne peuvent s’évacuer vers la stratosphère en raison notamment du CO2 qui les absorbe, faisant monter la température de l’atmosphère, d’où son nom de “gaz à effet de serre”.
Depuis des millions d’années, avec des périodes chaudes et des périodes glaciaires, la température de l’atmosphère terrestre s’est maintenue dans une fourchette permettant le développement de la vie. Une des raisons est liée à la fixation du carbone lors de la photosynthèse réalisée par les forêts et par la décomposition d’organismes vivant dans les marécages à cette époque.
L’accumulation continue de sédiments et des mouvements telluriques ont enfoui ces couches organiques à de grandes profondeurs (jusqu’à 2 à 3000 mètres). Sous l’effet de la pression, les déchets forestiers se sont transformés en charbon et les organismes en “roches liquides” imprégnées de produits pétroliers (pétrole, gaz naturel et gaz de schiste, …) qui, si on les brûle, créent notamment du CO2 avec l’oxygène de l’air.
Compte tenu du développement important de l’industrie et des transports, la quantité produite de gaz à effet de serre, plus importante que les forêts et la mer ne peuvent absorber, fait augmenter la concentration en CO2 de l’atmosphère, entraînant l’augmentation de la température de cette dernière, augmentation faible mais continue. Après des débats où les risques pour la terre et ses habitants ont été discutés par les chercheurs, experts et politiques, il a été acté, notamment au cours de la COP21, qu’il était important que les États s’engagent à réduire, ou au minimum à contenir, le dégagement de CO2 de leurs activités, et qu’ils développent une industrie “propre” ne dégageant pas de gaz à effet de serre afin que la température de la terre n’augmente pas de plus de 2 degrés Celsius. Il a en effet été admis par une majorité des représentants des états présents qu’une augmentation de la température allait provoquer une montée des eaux des océans et provoquer des inondations dans toutes les zones alluvionnaires où des populations importantes se sont implantées. Soulignons que cette hausse de température, malgré des effets visibles dans certains pays, est controversée par des experts qui considèrent qu’il est extrêmement difficile de déterminer une température moyenne de la terre, et donc ses variations. L’avenir dira si ces experts ont raison ou si des intérêts financiers importants ont eu intérêt à prêcher le catastrophisme.
Pour atteindre l’objectif de maîtriser la hausse de la température avec des énergies propres et renouvelables, plusieurs techniques sont à l’honneur :

  • Les éoliennes. Elles ont pour inconvénient l’irrégularité du vent. Il faut leur adjoindre une source d’énergie complémentaire pour assurer une production continue. D’autre part, certains considèrent que le paysage en souffre.
  • Les panneaux solaires : le soleil ne brillant pas de manière continue, il leur faut aussi une source d’énergie complémentaire. Malgré des conditions d’ensoleillement favorables, cette technique peut difficilement être utilisée dans des pays où la population souffre de la faim si des surfaces de terre agricoles doivent être utilisées.
  • L’énergie nucléaire, mais on connaît les réticences des populations à son développement.
  • L’utilisation de la biomasse, technique en développement malgré une énergie plus coûteuse. La consommation de viande nécessite une production de bétail, source de fumier mais aussi de méthane.
  • La géothermie, utilisée depuis longtemps avec succès dans les zones assez peu nombreuses qui s’y prêtent comme l’Islande.
  • L’énergie des marées (barrage de la Rance) et des vagues, technique nécessitant des investissements importants et donc peu utilisée.
  • Enfin l’énergie hydraulique, très utilisée en France avec de grands barrages dans nos sites montagneux, mais souvent et injustement décriée sur les petites rivières en raison de l’opposition des pêcheurs qui n’y voient qu’une atteinte à leur occupation dominicale favorite. Rappelons que l’eau des rivières dispose d’une énergie potentielle qui est utilisée par les roues ou les turbines, le complément étant dissipé dans l’usure et la destruction des rives. Quand les seuils sont détruits, une plus grande partie de l’énergie de la rivière ne sert qu’à détruire plus rapidement les rives, et l’équilibre que la rivière avait trouvé depuis la construction des moulins se trouve remis en question.

Il serait souhaitable que, là comme ailleurs, une certaine cohérence soit de mise dans la politique étatique. L’État ne peut plus longtemps être signataire de la COP21 et priver la France d’une production d’énergie propre. La remise en état de milliers de moulins ne pourrait que revivifier l’industrie locale et la production de microcentrales électriques. À une époque où la France se compare aux pays européens qui l’entourent pour sortir de son marasme, il serait sans doute utile de comparer notre politique énergétique à celles de nos voisins. Peut-être trouverions-nous des motifs pour ne pas gaspiller l’énergie hydraulique, énergie propre et renouvelable dont nous disposons.

Gérard Gau
gau.gerard92@orange.fr

Article paru dans le Monde des Moulins n°56 d’avril 2016

Catégories : Environnement

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