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Hubbert a un Pic mais a-t-il un moulin ? S’agit-il d’un voisin du Pic du Midi de Bigorre ? D’un Pic étranger ? Dans un sens oui, puisque c’est le nom que King Hubbert, géologue américain de la société Shell, a donné en 1956 à une de ses réflexions.

Il y affirmait que la production pétrolière des Etats-Unis, la plus importante du monde à cette époque, allait croître jusqu’en 1970, puis décliner inexorablement ensuite. La prévision de Hubbert était basée sur l’observation que, pour une région suffisamment vaste, le volume annuel de l’extraction suit une courbe en cloche qui atteint son maximum lorsque environ la moitié de la réserve est extraite. Quatorze années plus tard, l’histoire lui donna raison : la production américaine culmina en 1970, et elle ne cesse de décroître depuis.

hubert
Extrait du journal Ouest-France (mercredi 19 avril 2006)

Cette règle a malheureusement déjà été vérifiée sur d’autres sites pétroliers mondiaux qui ont déjà dépassé leur pic. Par ailleurs, la consommation mondiale de pétrole ne fait qu’augmenter depuis le démarrage de l’utilisation intensive de cette énergie que les français situent en 1745 par Ancillon de la Sablonnière à Pechlbronn. Cette ressource n’étant pas renouvelable, sa diminution est inexorable. A partir de ces deux constatations, beaucoup de nos contemporains se posent la question suivante : quand n’y aura t-il plus
de pétrole ? En fait, il y en aura encore pendant quelques décennies, mais en quelle quantité et à quel prix ? La question subsidiaire à se poser est : quand le renchérissement du prix du pétrole va-t-il modifier d’une manière douloureuse les économies des pays qui n’auront plus les moyens financiers de se le procurer ? Rappelons à ceux qui auraient tendance à l’oublier que nous avons des idées, de l’eau et du vent mais pas de pétrole !

La réponse n’est pas simple pour plusieurs causes. D’une part les majors, Total, Exxon Mobil et les Etats, pour des raisons économiques et politiques, diffusent des informations erronées sur l’état de leurs réserves récupérables et de leur production.
D’autre part, les chiffres de la consommation mondiale actuelle et surtout future sont très approximatifs compte tenu des développements inattendus et massifs des besoins de l’Inde et de la Chine.
Certains spécialistes optimistes pensent que nous allons encore faire des découvertes, sauf que les Etats, quand ils veulent maîtriser leurs ressources, Vénézuéla entre autres, n’ont pas l’argent nécessaire pour investir les sommes colossales que demandent ces nouvelles recherches. D’autres, pessimistes, pensent que le Pic de Hubbert, pour l’ensemble de la production mondiale, est déjà atteint et que nous entrons dans l’ère de la pénurie.
En fait, quelle que soit la valeur des pronostics, on peut déjà affirmer que le volume des découvertes a atteint son maximum au milieu des années 60, que les besoins non satisfaits en pétrole à bas prix vont continuer de croître et qu’aucun carburant de substitution
ne va pouvoir remplacer, en quantité suffisante, le fuel, le kérosène et l’essence pour assurer les besoins des transports qu’ils soient maritimes mais surtout aériens et routiers. Il ne peut en résulter qu’une pénurie du pétrole et donc une augmentation du prix de toutes les énergies fossiles.

Quid de l’électricité nucléaire ? Le nombre de centrales va augmenter ainsi que le prix du kilowatt du fait de l’intégration du coût du traitement des déchets si les Etats décident d’en récupérer le coût sur l’énergie. Seules resteront à leurs prix de revient actuels, l’électricité des centrales hydrauliques et celle des éoliennes qui, comme chacun sait, résultent de l’exploitation d’énergies renouvelables n’ayant pas d’effet sur le trou d’ozone.

Que peut-on en attendre de ce constat ? D’une part, que les transports aériens avec un kérosène extrait d’un Brent à plus de 50 dollars le baril en 2006 et à 200 dollars en 2015 (prix programmé par certains experts) vont notablement diminuer d’importance ; que le transport maritime suivra une pente comparable. D’autre part, que les transports routiers, camions et voitures parcourront moins de kilomètres et que la vie régionale, voire locale, reprendra l’importance que l’internationalisation actuelle lui a ôtée.
On pourra donc voir se développer les voitures hybrides et électriques qui permettront encore, à des prix supportables, d’atteindre le village le plus proche pour se ravitailler.

Adieu le tourisme aux Seychelles ! Vive les ballades à pied dans la forêt voisine ! Adieu les tomates espagnoles ! Vive celles du jardin ! Adieu le chauffage au fuel !
Vive le chauffage au bois ! Et alors, me diront les propriétaires de pico centrales. En quoi cela nous concernent- ils ?
Eh bien, réjouissez-vous. Vous aurez la possibilité de recharger les accus de votre voiture électrique au moindre coût et vous serez les seuls.

Conclusion : n’acceptez jamais que l’on détruise votre seuil car, même si vous ne pouvez produire que 3 kW, soyez assuré qu’avant quinze ans, cette petite production sera nécessaire pour vous permettre de vous déplacer dans la seule région qui vous sera accessible.

Quant aux pêcheurs de saumons, ils viendront chez vous à vélo, bien contents de ne pas avoir participé à la destruction de votre seuil et de pouvoir se réchauffer près du radiateur électrique alimenté par la production de votre roue !
Que personne n’oublie que la roue tourne et …. que la Loi sur l’eau a encore bien des raisons d’évoluer en fonction des nouveaux critères économiques qu’il va nous falloir subir.

Gérard Gau – Article paru dans le Monde des Moulins – N°17 – juillet 2006

Catégories : Histoire

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