Le site des Moulins de France
ArabicBasqueBelarusianBulgarianCatalanChinese (Simplified)CzechDanishDutchEnglishFinnishFrenchGermanGreekHebrewHungarianItalianJapaneseLithuanianNorwegianPersianPolishPortugueseRomanianRussianSpanishSwedishTurkishUkrainian

Le Moulin de Saint-Amand est le rescapé d’une lignée de 23 édifices du territoire dont 22 sont disparus. Robuste de par sa construction en briques, il est construit sur deux étages, dont l’un servait à fabriquer la farine et l’autre à moudre les graines de lin ou de colza pour faire de l’huile, cette double utilisation en fait sa particularité.

Seul moulin à vent de ce type dans tout le Nord au nord de Paris, il fut construit en 1802 par un fabricant d’huile, Henri Van Looy, pour faire concurrence à un autre fabricant, monsieur Nicolle.

Le corps du bâtiment, tout en briques, posé sur un soubassement en grès, offre de belles dimensions : diamètre 8,50 m au rez-de-chaussée, une galerie large de 2,50 m avec un plafond voûté haut de 6 m. Il présente cette particularité d’avoir été construit « en dur », ce qui a assuré sa pérennité, contrairement aux autres moulins du territoire bâtis en bois. Ces derniers, installés en bordure des canaux et rivières, donc plus fragiles, se sont détériorés plus rapidement.

Un moulin résistant, certes, mais pour lequel il a fallu inventer un système de rotation du mécanisme des ailes adapté. « Les moulins en bois étaient installés sur un pivot , le moulin pouvait donc tourner sur lui-même. Avec une construction en briques, le moulin était figé.».

Le Moulin Blanc de St-Amand-les-Eaux (Nord). Cliché de Claude Nef

Voilà la troisième particularité de notre moulin : elle consiste en un chemin de ronde sur sa partie haute, sur lequel roule un cabestan (treuil vertical) actionné par le meunier à l’aide d’une manivelle. Par ce biais, la tourelle pouvait tourner sur elle-même sur 360°. À première vue, le système peut paraître simple, mais le meunier était soumis aux caprices de la nature et devait prendre garde au sens du vent. Toute cette partie haute, appelée « le Clocheton », est en bois. Elle a été refaite à l’identique à la fin des années 1990.

Au début du XIXe siècle, de nombreuses huileries étaient en activité à Saint-Amand-les-Eaux. À côté de l’huile de colza (colza dont la culture occupait 45 ha en 1862), on fabriquait diverses sortes d’huiles : avec l’œillette, on pressait une excellente huile de table ; avec la graine de lin, on faisait une huile pour la peinture. On pressait également le chènevis (graine du chanvre).

En 1918, la machine à vapeur, qui aidait les jours sans vent, fut démontée ; puis vint le tour des ailes, qui furent remplacées par un moteur au gazogène. Vers 1925, les trois paires de meules furent remplacées par des cylindres et le gazogène par un moteur électrique.

Le dernier meunier, M. Donatien Lombart, cessa son activité en 1952.

Lorsque la municipalité de Saint-Amand s’est portée acquéreuse en 1982, il ne restait plus que la tour centrale, vide.

La remise en état a démarré en 1987 et les travaux se sont terminés en 1995 par la pose des ailes le 1er juin. La maîtrise d’œuvre fut confiée à l’ARAM.

Le Moulin Blanc est inscrit « à l’Inventaire des Monuments et Sites pittoresques ».

Grâce à l’acharnement de quelques amoureux et nostalgiques du passé, sous l’impulsion d’un natif du quartier du moulin, monsieur Claude Nef, une autre vie a été rendue à notre moulin.

Quand on pousse les lourdes portes du moulin, la lumière s’engouffre pour dévoiler un trésor d’antiquités. Un véritable musée a été entièrement aménagé par l’Association des Amis des Moulins Amandinois. Nous voulions en faire la vitrine de l’agriculture d’ autrefois, telle qu’elle était pratiquée jadis. Avec l’aide d’amis et de connaissances, mais aussi de « chinages » dans les brocantes ou dans les anciennes « sainces » des alentours, de nombreux outils ou machines ont pu être récoltés.
( sainces : mot du patois local pour désigner les corps de ferme, bâtiments utilisés comme habitation, étable, grenier à foin…)

Des semoirs à main, des grandes faux avec leur porte-pierre (pour aiguiser les lames), des fourches en bois, des fléaux pour battre le grain… sont suspendus aux yeux de tous les visiteurs. Au centre du moulin sont installés un pétrin traditionnel ou encore une balance à fléau datant des années 1680, et bien d’autres outils anciens.

L’association ne s’est pas arrêtée à la simple idée de faire un musée du moulin. Elle le met à l’honneur dès que l’occasion de festoyer et de se retrouver entre curieux et passionnés se présente : Fête du Pain en mai avec un repas campagnard en « Estaminet » ; Journées Portes Ouvertes en juin et brocantes en août ; barbecue lors de la Fête de la fin des moissons en septembre ; et aussi bourse aux livres en juillet et novembre. Le moulin est un lieu de partage et de convivialité.

Renseignements : M. Claude Nef, président de l’Association « Les Amis des Moulins Amandinois ». tél : 06 31 91 99 09
Moulin ouvert tous les jeudis : le matin de 9h à 11h30 de mars à novembre et sur rendez- vous pour les visites en groupe. Entrée gratuite.

Patrick Bargibant.
Vice-président de l’Association des Amis des Moulins Amandinois

Paru dans LE MONDE DES MOULINS 79 de janvier 2022

Catégories : Zoom

0 commentaire

Laisser un commentaire

Avatar placeholder

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.