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Entre le Ségala de terrain primaire boisé appelé “La Châtaigneraie” et “La Limargue” argilocalcaire autrefois consacrée à la culture de la vigne, Cardaillac, un des plus beaux villages de France, premier prix du tourisme sur le Lot en 1995, a la particularité d’avoir constitué un Musée éclaté. Une association a réussi à faire revivre 7 édifices dont certains de style gothique ou renaissance abritant le savoirfaire ancien et perpétuant les traditions.
L’atelier du fabricant de comporte ou semalier, à lui seul, par sa richesse, mérite qu’on s’y arrête mais on ne peut être qu’admiratif devant la salle de classe remplie d’ une collection impressionnante d’ouvrages, le moulin à huile de noix, la saboterie, les étuves
à pruneaux, le four à pain et les multiples outils. Enfin, découvrir le séchoir à châtaigne présenté par André Magne, fils de meunier et qui, avec son épouse Annie, sont l’âme de ce musée éclaté, correspondait exactement au but de notre visite qui était de répondre à la question : comment fait-on de la farine de châtaigne ?

 

Mr Magne nous explique :
“Dès la récolte on entassait les châtaignes au premier étage du séchoir sur un plancher à claire voie et on faisait un petit feu au rez- de- chaussée. Il n’y avait pas de cheminée. Un ancien maintenait le feu en activité. Cela prenait du temps car l’épaisseur de la couche de châtaignes était de l’ordre de 40 à 50 cm. Les châtaignes durcissaient et la peau extérieure dure et épaisse devenait craquante.
On les mettait dans une sorte de sac allongé et deux hommes les frappaient pour faire tomber cette peau. Pour se débarrasser de la peau intérieure plus fine, on utilisait un panier en osier fermé et un tamis à grosses mailles. C’étaient de pénibles opérations d’hiver.”

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panier et tamis servant à éliminer la peau des chataîgnes après séchage

Le séchoir était-il familial ou communal ?
“Il y avait une centaine de séchoirs dans le village et dans les hameaux pour 349 foyers en 1851. Ces petites constructions étaient donc familiales. C’est la seule qui reste intacte avec ses paniers et ses sacs.”

Et la farine, comment la faisaiton ?
“Quand j’étais meunier chez mon père au moulin à céréales à proximité, un paysan m’a apporté son charreton tiré par des boeufs plein de châtaignes sèches. J’en ai fait de la farine avec les meules à céréales que j’ai écarté un peu plus. J’introduisais les châtaignes à la main pour faire de la farine fine.”

Que faisait-on de la farine ?
“On utilisait cette farine pour engraisser le porc, ce qui améliore la qualité de la viande. Au dire d’une habitante née en 1921, les châtaignes entières ou sous forme de farine se consommaient d’octobre à Pâques. Mais peu de recettes ont été conservées. Dans cette
région où poussait bien le blé noir ou le sarrasin, les crêpes appelées “pescajounes” étaient cuites au feu de bois avec une poêle à long manche pour ne pas se brûler”.

Si vous passez dans cette région, l’équipe de bénévoles évoquera pour vous l’activité économique et le quotidien de leurs ancêtres. La châtaigne nous a fait découvrir ce village mais on ne se lasse pas de contempler le travail du semalier dans un cadre incroyablement authentique.

Michel Sicard – Article paru dans le Monde des Moulins – N°17 – juillet 2006

Catégories : Histoire

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