Le site des Moulins de France
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Les moulins de la vallée de la Sianne n’ont pas survécu aux mutations économiques du XXème siècle. L’essor du machinisme industriel et les nouvelles méthodes de production de la farine, à partir du 19ème siècle, ont contribué à la disparition progressive des moulins de villages.
Aujourd’hui, cette activité artisanale s’est définitivement éteinte. Seuls, les bâtiments les plus récents, des ruines, des morceaux de biefs, des pellières, signalent encore, pour mémoire, la place éminente du moulin dans la vallée de la Sianne.

Ils étaient 20 moulins

Une vingtaine de moulins ont été recensés sur la Sianne et ses affluents, sans compter ceux, plus dispersés implantés sur les cours d’eau traversant les communes de Charmensac et Peyrusse sur le bassin versant de l’Alagnon.
Bien des histoires accompagnent la vie des moulins, ce qui témoigne de leur importance dans les campagnes autrefois. On imagine aisément que la vingtaine de moulins dans la vallée de la Sianne étaient l’un des pôles d’activités, la machine nécessaire à la vie des paysans et à l’approvisionnement des villages. Ces moulins servaient de nombreuses petites communautés issues de la poussée démographique de la fin du 18èmme siècle.

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Le moulin était en quelque sorte le médiateur incontournable du blé au pain quotidien, entre l’église et le château. Le meunier était l’homme de la technique et l’artisan du progrès en maîtrisant l’énergie hydraulique, en développant les roues à aube, en utilisant les grandes meules en pierre puis les engrenages en bois. Les moulins ont façonné autour d’eaux des sites à leur service. Les biefs, les vannes, les déversoirs étaient des éléments essentiels qui aidaient la Sianne à respirer.

Les moulins étaient des monuments vivants, insérés dans la vie économique. Ils écrasaient le blé, le seigle et l’orge, le chanvre, sciaient le bois, broyaient les noix du pays pour en faire une huile super vierge. Ils pressaient les pommes des prés-vergers du fond de vallée pour donner un petit cidre du pays. Au début du XXème siècle ils ont produits de l’électricité.

Le progrès à eu raison d’eux, alors qu’ils avaient engendré la mécanique moderne et accumulé tout un savoir faire. Le dernier moulin de la vallée de la Sianne a cessé toute activité en 1965.

Moulins traditionnels de Haute-Auvergne

La diversité des cours d’eau sur notre territoire, l’installation des moulins près des Estives, sur les côtes, dans les vallons, en fonds de vallée près de la Sianne, ont suscité une multitude de techniques et de modèles architecturaux.
L’installation de petits moulins avait l’avantage d’être peu coûteuse et de pouvoir s’élever dans des secteurs parfois très accidentés, sur des affluents de la Sianne au débit irrégulier. on trouvait aussi de petits moulins à l’extrémité de notre territoire sur les communes de Charmensac et de Peyrusse.

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Les moulins de la vallée de la Sianne sont à l’image des constructions du pays. Ils sont en pierre. Les angles des murs sont souvent renforcés par de gros blocs bien appareillés. Celui de Serre-bas est un modèle du genre.

D’aspect rustique, ils n’en sont pas moins fonctionnels et particulièrement robustes, comme le rappellent encore les nombreuses ruines. La toiture est en général à deux pans. Les plus anciens moulins étaient couverts soit en lauze (Chazelou, la Terrisse, Serre…), soit en chaume (La Tour, Allagnon…)

Une présence très ancienne
Dans l’Auvergne médiévale, le broyage du grain était une entreprise seigneuriale. Le seigneur de Colombine (Molèdes) faisait payer le « droit de mouture » et pouvait contraindre les habitants sous son contrôle à utiliser son moulin de Fournial. Ce droit de mouture sera abolit par la loi des 15 et 28 mars 1890.

L’opportunité de gains importants
Les seigneurs locaux avaient ma main mise sur les moulins. Le broyage du grain était devenu une entreprise seigneuriale exigeant investissement, personnel permanent…et surtout prélèvement fiscal. On sait que le château de Colombine (Molèdes) avait son moulin à Fournial. Celui des Fortuniers (Vèze) était implanté sur le ruisseau de la Fontaine Saint-Martin.

Les meules des moulins

Pas de moulins sans meules. C’est à la meule que le moulin doit son nom.Les meules de pierre ont été jusqu’à leur remplacement par les cylindres métalliques à la fin du XIXème siècle la seule façon de travailler le grain.
De la qualité et du bon état de la pierre meulière dépendait la qualité de la mouture des céréales.
Dans tous les anciens moulins les meules avaient leur importance. Elles étaient un élément essentiel de la fabrique.
Aujourd’hui, les meules disséminées dans toute la vallée, portent encore le témoignage de leur rôle dans les anciens moulins.

Le rôles des meules de pierre

Dans les moulins traditionnels, les meules en pierre étaient un élément essentiel de l’activité meunière. Il y avait toujours deux meules l’une sur l’autre. Celle du dessous “la grisante ou la dormante” restait immobile solidement encastrée dans un cadre de bois.
Celle du dessus, “la tournante” était supportée uniquement par un pivot emmanché dans l’oeillard et qui la faisait tourner sans jamais frotter la meule du dessous.

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Afin d’assurer une mouture correcte, les deux meules devaient être posée parfaitement à l’horizontale. Du bon écartement dépendait la bon fonctionnement. Il devait être réglé avec précision suivant qu’il fallait moudre du blé, du seigle ou de l’orge. Le grain pris entre les deux meules était chassé progressivement vers la périphérie par la force centrifuge, aidé par des rainures obliques régulièrement entretenues.
Beaucoup de meules traînent encore près des anciens moulins de la vallée de la Sianne.

Le repiquage des meules

Quand une meule était usée elle devenait lisse et perdait de son efficacité. Le meunier devait alors piquer la pierre pour refaire le rugueux de la surface, le mordant, et redessiner les sillons. Cette opération de maintenance s’appelait “le rhabillage”. Le meunier utilisait un outil spécifique, la mailloche, afin de rétablir la régularité et les stries de la meule.
Au bout de quelques semaines d’utilisation le meunier devait donc piquer la pierre pour refaire les sillons de la pierre gisante et de la tournante. “On disait qu’elles commençaient à être lasse”. Cette opération de maintenance était longue et minutieuse. Une meule mal repiquée pouvait provoquer un incendie et la perte du moulin.

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Le rhabilleur était souvent le meunier lui-même. Ce travail long et fatigant se pratiquait à genoux, sur un vieux sac. Le meunier piquait chaque meule millimètre par millimètre avec la mailloche composée d’un manche avec une tête à deux pointes carrées en acier.

Piquer la meule ne s’improvisait pas. La technique demandait une habileté acquise au fil des années, avec le travail et l’expérience.

La deuxième vie des pierres meulières

Les meules usagées des anciens moulins traditionnels de la vallée de la Sianne se retrouvent aujourd’hui dispersées dans les villages. Les habitants leur ont donné de nouveaux usages. On les retrouve chez des particuliers transformées en table de jardin, encastrées dans un mur, servant de couverture à une terrasse, faisant office de toiture pour un puits… Cette deuxième vie des pierres meulières offre parfois bien des surprises.

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Les meules christianisées

Par superstition ou par commodité, des anciennes meules ont été réutilisées comme socle de croix. Dans certaines régions françaises, notamment en Auvergne, on croyait autrefois que les meules étaient dotées de pouvoirs magiques parce qu’elles faisaient du bruit. Les chercheurs s’interrogent si c’est pour cette raison que certaines meules anciennes ont été christiannisées en maints endroits, servant de support à une croix. Plusieurs exemples dans la vallée de la Sianne.

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La croix de pierre au hameau de Lussaud (Laurie), a comme socle une ancienne meule à chanvre.
La simple croix de bois dite “du mauvais pas”, près du hameau de La Croze (Auriac-l’Eglise) est emmanchée dans l’oeillard d’une meule néolithique, comme la croix en fer forgé au hameau de Chazelle (Auriac-l’Eglise).

Les moulins hydrauliques

Trois moulins hydrauliques se sont partagés l’activité de la minoterie à Auriac-l’Eglise durant une quarantaine d’années. Ils mettaient en oeuvre des techniques radicalement différentes des anciens moulins à meules.
Ces établissements avaient une renommée bien au-delà de la vallée de la Sianne car ils concentraient différentes productions : blé, son, huile, cidre, scierie…
Les imposants bâtiments de deux étages, vidés de leurs engrenages, sont encore les témoins muets de la pratique industrielle de la meunerie sur le cours de la Sianne pendant la première moitié du XXème siècle.

Le moulin de La Croze

Construit en 1898 pour prendre le relais des anciennes installations à meules, le nouveau moulin situé au hameau de la Croze (Auriac-l’Eglise), fondé par Monsieur Fénolhac changeait radicalement de style, en utilisant les systèmes hydrauliques et l’électricité.

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La Croze, village situé à mi-parcours de la Sianne (Auriac-l’Eglise), possède deux moulins qui témoignent de deux grandes époques de la molinologie dans la vallée.

LE VIEUX MOULIN

Le plus ancien bâtiment se trouve près de la rivière. En 1861 Pierre François donna au moulin un nouvel essor après avoir modifié les bâtiments. Il a cessé de fonctionner à la fin du 19ème siècle. Ses origines remontaient au 17ème siècle.

Des papiers de famille et des actes notariés révèlent qu’au 18ème siècle, le moulin du hameau de La Croze assurait la mouture des blés de la région et permettait à la famille Vigouroux qui l’exploitait de vivre correctement. Les revenus du moulin permettaient d’orienter vers des études et des carrières libérales les enfants de la famille. C’est ainsi que Louis Vigouroux devint avocat au Parlement en 1773. Un autre quitta la Croze en 1765 pour s’installer à Molompize dans la proche vallée de l’Alagnon en qualité de notaire royal et devint maire de la commune à la Révolution.

Le moulin de la Croze passa en d’autres mains. Un acte notarié daté de 1770 parle d’Antoine Darse, meunier, habitant la Croze. La famille Darse exploita le moulin jusqu’au milieu du 19ème siècle.

En 1861, Antoine François, du hameau de la Bousseloeuf se rendit acquéreur des biens provenant de la succession de Pierre Darse. Par la suite, son fils Pierre François donna au moulin un nouvel essort après avoir reconstruit le bâtiment et l’avoir équipé de matériel neuf.

Un document officiel du 2 juillet 1879 précise que l’eau de la Sianne mettait en jeu à la Croze les tournants du grand moulin deux à grains et un à chanvre.
Pierre François était aussi un bâtisseur puisqu’il fit élever une grande maison d’habitation et une vaste grange-étable. On lui doit aussi le grand pont de pierre sur la Sianne proche du moulin. On l’appelle toujours d’ailleurs “Le pont de François”.
Par la suite, la famille Fenolhac exploita le moulin de la Croze.

LE PREMIER MOULIN HYDRAULIQUE DE LA REGION

A la fin du 19ème siècle, et au début du 20ème, les moulins ont changé de physionomie s’élevant sur plusieurs étages de façon à accueillir les installations mécaniques modernes. Ce fut le cas du nouveau moulin de la Croze, construit à partir de 1898 plus près de la route pour faciliter le transport des grains et des farines, alors que le vieux moulin bordait la Sianne.
Afin d’apprendre à le faire fonctionner au mieux, Pierre François partira six mois se former aux moulins de Créteil en région parisienne.
Ce premier moulin hyraulique de la région était alimenté par un bief de plusieurs centaines de mètres. A son départ, une prise d’eau forcée était dirigée vers le bief à l’aide d’une pellière toute en pierre construite en travers la Sianne, un modèle du genre.

Au moulin, une imposante roue à aube, aujourd’hui disparue, faisait fonctionner plusieurs types d’activités.
Dans le bâtiment de trois étages, curieusement construit en faux équerre (peut-être pour tenir compte d’une petite scierie déjà existante), tout un système de machines modernes et de poulies produisait des céréales de très bonne qualité.

UN PRESSOIR POUR LES PRES-VERGERS

Adossé au moulin, une petite construction abritait un énorme pressoir à cidre également mis en action par la force hydraulique.

Sur le coté du moulin, émargeant sur le pré, une petite scierie permettait la coupe des planches à partir d’arbres des forêts des alentours.

On comprend pourquoi encore aujourd’hui, le moulin de la Croze marque le souvenir d’un grand nombre d’anciens. Le pressoir et la scierie amenaient énormément de monde à la Croze se souviennent les anciens, le hameau était très animé.

UNE MINOTERIE MODERNE HYDRO-ELECTRIQUE

Moderne, le moulin de la Croze l’était assurément puisqu’il possédait la première turbine électrique de la région, ce qui permettait le fonctionnement du moulin même par manque d’eau durant l’été. Fait tout à fait mouveau au début du 20ème siècle.

Par ailleurs, la turbine alimentait en électricité la maison du meunier au hameau de la Croze quelque 300 mètres plus loin. Témoins de cette époque la double rangée de poteaux électriques dans le pré-verger entre le moulin et le hameau.

Mais dans le premier quart du siècle, le moulin fut endeuillé à deux reprises. Le meunier, monsieur Fénolhac fut tué alors qu’il abattait un arbre. Le moulin fut alors loué plusieurs années à monsieur Boulanger qui donna à la petite entreprise tout le rendement qu’il pouvait. Mais, deuxième drame, sa petite fille fut prise dans l’engrenage de la scierie et décéda.

Plus tard, un autre meunier succéda à monsieur Boulanger pendant quelques années avant que monsieur Roger Morel ne reprenne l’exploitation jusqu’à la fermeture définitive du moulin en 1957.

Le moulin Tissidre

La minoterie de la Sianne située dans la partie basse du bourg, a connu une importante activité pour la fabrication de la farine, mais aussi avec son pressoir. La minoterie occupait l’emplacement d’un vieux moulin à meules en activité au 19ème siècle. Il fut racheté en 1910 à Antoine Soulier par Pierre-Antoine Tissidre. Son fils Roger lui donnera un nouveau souffle en construisant un moulin hydraulique .

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En 1936, Pierre-Antoine Tissidre mit en service un nouveau moulin hydraulique avec des machines modernes de minoterie. Par la suite son fils Roger Tissidre lui succéda jusqu’à la fermeture définitive du moulin en 1960.

La minoterie de la Sianne connue une importante activité pour la fabrication de la farine, mais aussi avec son pressoir à pommes et à noix.
Dans les années 40, avant l’installation publique de l’électricité sur la commune, le moulin produisait du courant.
A cette époque, on faisait payer aux habitants la consommation électrique au nombre d’ampoules par maison.

Le moulin Abel-Seguy

Construit en 1939 sur l’emplacement de l’ancien bâtiment, le moulin de monsieur François Seguy a cessé toute activité en 1965 faute de rendement suffisant. Les paysans vendaient directement leur production aux marchands de grains de Massiac, Blesle et Allanche. Ainsi disparaissait le dernier moulin hydraulique de la vallée de la Sianne.

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LE VIEUX MOULIN DE LA FAMILLE ABEL CONSTRUIT AU 19ème SIECLE

LA RECONSTRUCTION DU MOULIN PAR MONSIEUR FRANCOIS SEGUY

En 1937,le mur arrière du vieux moulin, vétuste, construit au 19ème siècle, s’écroula.
La décision fut prise de construire un bâtiment moderne sur deux étages qui utiliserait les dernières techniques de la molinologie hydraulique. Les machines furent commandées à la maison Toisset-Rose-Brault de Paris pour la somme de 120.000 francs, un investissement très important pour l’époque.

Les travaux démarrèrent en 1938 et furent exécutés par l’entreprise de maçonnerie Vergain de Ferrière Saint-Mary. Il commença à fonctionner en 1939. Ce fut un changement radical de méthode de travail, alors qu’avec le moulin à meules, tout se faisait à la main pour sépérer les farines.François Seguy acheta son camion peut de temps après la mise en route du moulin.
Dès le début des années soixante, l’activité du moulin connu de grosses difficultés. En 1965, François Seguy décida d’arrêter le moulin.

UN PRESSOIR DE QUALITE

Le pressoir accolé au moulin moderne était celui qui fonctionnait déjà dans l’ancien moulin à meules Abel. A cause des nombreux prés-vergers de la vallée de la Sianne, il fallait, à l’automne, prendre rendez-vous au pressoir pour faire son cidre. C’est par tombereaux que le pommes arrivaient au moulin. Le reste de l’année on faisait de l’huile de colza (à partir de juillet surtout), de noix et de noisettes. On venait de très loin pour moudre, de Feydit, de Peyrusse…

Le pressoir du moulin Seguy était renommé pour la qualité du rendu des produits. Le mécanisme du pressoir était un fabuleux système tout en bois, représentatif des 18 et 19ème siècles.

Après la fermeture du moulin et la dispersion des équipements techniques, le pressoir a démonté et transporté dans les réserves du musée de Haute-Auvergne à Saint-Flour à l’initiative de l’archéologue local, monsieur Alphonse Vinatié. Il n’a jamais été remonté et demeure toujours dans les réserves du musée.

UNE ROUE A AUBE DITE A CUILLÈRES POUR LE PRESSOIR

L’imposante roue à aube en fer sous la salle de l’ancien pressoir reste le dernier témoin d’un système efficace de production du broyage des noix, pommes, noisettes…
Cette roue hydraulique en métal, dit système de cuillères, assurait un très bon rendement grâce à la technique de l’eau forcée, amenée par le long bief.

Les moulins à réservoir

Les moulins situés sur des ruisseaux à faible débit disposaient d’un réservoir légèrement surélevé par rapport à la salle des meules.
L’eau agissait en raison de son poids.
Ces moulins au service de petites communautés villageoises, n’allaient que par “éclusée ou “boutade”, principalement au printemps et à l’automne, périodes durant lesquelles un lâché d’eau était suffisant pour faire tourner les meules.

Trois moulins à réservoir sont encore visibles dans la vallée de la Sianne. Ceux du hameau de Chazelou et de la Terrisse (Vèze) disposent d’un réservoir dans un creux naturel. Celui de Serre-Bas (Auriac-l’Eglise) est entouré d’un muret.

Le moulin de Chazelou

Ce petit moulin du 18ème siècle sur le bord des Estives, a l’abandon au milieu des broussailles, est le témoin des petites constructions édifiées pour les besoins communautaires. Situé en contrebas d’un terrain marécageux, dominé par les grandes constructions traditionnelles du hameau de Chazelou (Vèze), le petit moulin trapu résiste tant bien que mal et reste encore debout au milieu d’un pré bossu.

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Peu d’eau à cet endroit où coule un faible ruisseau au débit irrégulier en provenance de la montagne de La Jarrige. Les vestiges du bief et du réservoir sont encore là et montrent l’organisation parfaite et maîtrisée de l’acheminement de l’eau vers le moulin..
Le moulin ne devait fonctionner que pour les besoins du hameau tout proche. Construction solide, faite pour traverser le temps, la voûte est formée de pierres posées sur le champs, comme les burons des Estives non loin de là.
Au fond de la petite pièce voutée, à peine visible à cause des éboulements, on remarque l’arrivée du bief, point de passage de l’eau pour actionner les meules. Les anciens du villages ont vu avec le temps les chutes de pierre recouvrir l’énorme meule jusqu’à la faire disparaitre du regard.
Le moulin à réservoir de Chazelou est tombé dans l’oubli depuis plus d’un siècle. Il reste avec les burons de Villeneuve à proximité le témoin d’une vie pastorale révolue.

Le moulin de la Terrisse

Le moulin du hameau de La Terrisse sur le bord des Estives du Cézallier oriental est composé d’une seule salle voûtée en pierre sèche. Un bel exemple des moulins à réservoir. Il est le plus proche des sources de la Sianne, isolé, accroché à la fin de la pente du mont Chastel qui descend jusqu’à la rivière. Le réservoir de 1,50m de profondeur était alimenté par un bief.
La prise d’eau était située près du seul pont à double arche sur la Sianne. Les vestiges du dispositif d’alimentation du moulin en eau sont encore bien visibles. Le moulin fonctionnait par boutade.

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L’énorme meule en pierre adossée sur le mur de la façade, près de la porte d’entrée du moulin, témoigne s’il en était besoin des origines et des fonctions de cette construction solide comme les burons des estives non loin de là.
Le dernier meunier connu fut Monsieur Delpirou vers 1850.

Le moulin de Serre-bas

Le moulin de l’Abbesède, du nom du pacage où il est implanté, est tapis au fond d’un vallon à Serre-bas. Le petit édifice qui date du 18ème siècle est situé sur le ruisseau de l’Eglise, affluent de la Sianne. Il représente une construction caractéristique des petits moulins de village situés sur de faibles cours d’eau. L’édifice avait bénéficié d’une qualité d’exécution. Tout au long du 20ème siècle il a servi pour entreposer une réserve de foin. Il est désormais abandonné.
Difficile d’imaginer qu’il y avait sur le ruisseau de l’Eglise un moulin. Sa situation ne devait pourtant rien au hasard puisque le moulin est situé entre le hameau de Serre-bas et Serre-vieille, ce dernier village aujourd’hui entièrement disparu. La population évitait de descendre au bourg d’Auriac l’Eglise pour faire moudre leur grain.

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Le petit moulin comprenait une unique salle et il y a quelques années encore, lorsqu’on pénétrait à l’intérieur, on découvrait toujours à leur place les deux grosses meules usées, à croire qu’ici, il n’y avait pas si longtemps on broyait des céréales.

Un vaste réservoir entouré d’un muret de pierre sèche stockait l’eau dérivée du ruisseau de l’église. Il assurait une force hydraulique suffisante pour actionner le mécanisme de concassage.

C’est au milieu du 19ème siècle que le dernier meunier de la famille Chambon faisait fonctionner le petit moulin.

Les moulins de communautés villageoises

Les moulins de villages racontent le pays. Les ruines des anciens moulins sur tous les cours d’eau témoignent encore aujourd’hui de l’intense activité meunière sur le territoire. Elles font partie des lieux privilégiés de la mémoire et des traditions artisanales.

Les moulins du hameau de La Tour

Situés au hameau de La Tour, là ou la Sianne perd son allure de ruisseau, les bâtiments de deux anciens moulins subsistent encore. Ces deux moulins étaient alimentés par un long bief où l’eau coule toujours.

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Le grand moulin du hameau de La Tour
Le grand moulin dont la partie habitation a été démolie a fonctionné jusqu’à la fin des années 40. Le dernier meunier fut monsieur Louis Bastide.

Le petit moulin à chanvre
A l’entrée du hameau l’on remarque un minuscule édifice dont la couverture en tôle à remplacé le chaume. C’est le plus petit moulin sur la Sianne, un moulin à chanvre qui a fonctionné jusqu’au début du 20ème siècle, période durant laquelle la culture du chanvre a progressivement disparu de la région. Sa grosse meule en pierre (la gisante) est toujours en place sur son cadre de bois.

Un autre moulin, plus ancien, en amont du village, “le moulin Godet” a aujourd’hui totalement disparu. Seules quelques fondations restent encore visibles.

Les moulins du hameau de Fournial

Situé dans un étroit encaissement, coincé entre la Sianne et la route départementale, les moulins du hameau de Fournial occupent l’emplacement d’anciens moulins seigneuriaux qui dépendaient du château de Colombine dont il reste la tour carrée du 13ème siècle. Plusieurs moulins se sont succédés en fonction des évolutions technologiques.

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La minoterie du hameau de Fournial
Les bâtiments visibles aujourd’hui datent du début du 20ème siècle. La grande roue à aube qui se trouvait sur le côté la minoterie principale a totalement disparu. Aussi, seuls les témoignages des anciens permettent d’imaginer qu’en ces lieux une intense activité de meunerie a existé.
Pendant la première guerre mondiale, le meunier a été réquisitionné avec ses chevaux. Ce fut début de la fin d’une activité meunière de plusieurs siècles à Fournial.
Dans les années 1920, la mine argentifère, située au-dessus du hameau acheta toutes les maisons du village qui abritèrent différents services mis à la disposition des 200 ouvriers dont beaucoup d’immigrés polonais (dortoirs, cantine, et même un petit cinéma.
A la suite du démantèlement de la Société Métallurgique du Centre, les moulins et toutes les maisons du villages, dont la belle maison du meunier furent revendues. La plupart abritèrent pendant plusieurs années une colonie de vacances d’adolescents de la Société automobile Ford. Depuis, les maisons ont été revendues à des particuliers.

Les moulins de Riol

Le moulin du hameau de Riol est le seul de la vallée situé sur la rive droite de la Sianne. Aujourd’hui transformé en habitation privée, les bâtiments sont uniquement accessibles par un pont de pierre autrefois fermé par un portail en fer. Le moulin qui est précédé d’une vaste cour possédait son propre pigeonnier et four à pain. C’est l’un des plus anciens moulins de la vallée de la Sianne.

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Des documents d’archives nous apprennent qu’un moulin à huile fonctionnait déjà au 16ème siècle sur le même emplacement. Ses fondations sont encore visibles. La grande meule de plus de deux tonnes récemment découverte dans la terre plus du moulin confirme l’existence d’une très ancienne activité meunière au hameau de Riol.
Le moulin de Riol a cessé toute activité à la fin des années.

Pendant la Révolution le moulin a toujours fonctionné et les habitants y cachaient des prêtres réfractaires. Le souterrain qui conduit à une cache près de la rivière existe toujours. Cette pièce de deux mètres carrés, qui était un refuge temporaire est recouverte par une vieille meule dont le trou central, l’oeillard, permettait de passer de la nourriture.

C’est au moulin de Riol qu’est né le 24 août 1816 Louis Vigouroux qui devint prêtre. Il fut aussi un habile architecte et fondateur de la Mission Catholique de Saint-Louis en Nouvelle Calédonie.

Le moulin du Fourmillat

Le moulin du Fourmillat était situé en contrebas du village de Feydit sur le côté du ruisseau de la Gazeuse. Il ne reste plus rien du bâtiment. Mais l’emplacement est toujours repérable par la canalisation en pierre sur quelques mètres du ruisseau et une réutilisation insolite d’une meule. La famille des anciens meuniers conservent la clochette du moulin ornée de trois fleurs de lys. La meule a été placé sur le ruisseau pour faciliter le passage après la guerre de 39/45.

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Le moulin de Conche-bas

Au pied du bois de Combalu, bien assis sur l’étroite bande de terre du fonds de la vallée, le moulin de Conche-bas a encore fière allure. Transformé en maison d’habitation, la bâtisse abritait au 19ème siècle des mécanismes pour broyer le blé et le seigle selon la mémoire locale. Rrois meules de pierre sont alignées sur le sol devant le moulin et forment une terrasse originale. Ces trois cercles de pierre représentent encore le fort symbole de l’activité de meunerie à cet endroit de la vallée.

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Moulin de la Pyronnée

Situé au fond de la vallée en bas des pentes du bois de Combalu, sur la rive droite de la Sianne, dans un endroit fort isolé, sont encore visibles les ruines du moulin dit de la Pyronée. Celui-ci était en pleine activité au 18ème siècle et a servi de point de repère sur la carte de France réalisée par les frères Cassini. Les ruines sont toujours signalées sur la carte IGN.

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Aujourd’hui la nature a repris ses droits, mais les ruines prises dans une épaisse sapinière ne laissent aucun doute sur l’affectation des trois bâtiments qui se font face. On y accède encore par un petit pont de pierre en forme de dos d’âne.

Si l’on sait peu de chose sur le moulin, le site lui était connu depuis plusieurs siècles grace à une source d’eau minérale aux vertus médicinales reconnues.

Moulin de la Rase

Sur la droite du ruisseau de la Meule qui descend de la montagne de Ciment sur laquelle s’étendent les premières estives se trouvait le moulin de la Rase non loin du hameau du Lac au lieu-dit Le Monti. Les ruines de cet ancien moulin et sa réserve d’eau sur l’arrière sont encore visibles sur le bord du chemin de liaison entre le bourg de Vèze et le hameau du Lac emprunté par des générations de paysans et d’écoliers. Une légende marque les lieux, celle des filles du diable qui dansaient nues sur les meules du vieux moulin.

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Sur le même ruisseau, en aval du moulin au lieu-dit “L’estanche, un autre moulin plus ancien existait selon la mémoire collective. Ses traces ont complètement disparu.

Le moulin d’Allagnon

Le petit moulin du hameau d’Allagnon, village situé à mi chemin du parcours de la Sianne, s’appuyait directement dans le lit de la rivière Sianne. Depuis 2010 on ne voit plus les ruines embroussaillées de deux bâtiments qui ont été rasées. Nos photos resteront les derniers témoins de ce que fut ce petit moulin de village.

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LA TRISTE FIN DU PETIT MOULIN
Dans la nuit du 1er août 1910, les habitants d’Allagnon furent réveillés vers deux heures du matin par une grande lueur qui éclairait le hameau. C’était le moulin du père Verdier qui brûlait.

Selon le journal “Le Courrier d’Auvergne” qui relate les faits, la toiture en chaume du petit bâtiment s’effondra rapidement en faisant jaillir de nombreuses étincelles, faisant craindre l’incendie des maisons proches du moulin de l’autre côté du chemin. Grâce aux prompts secours et à la vigilance de tous les habitants, seul le moulin sera détruit.

Cet évènement tragique marqua la fin de l’activité du moulin d’Allagnon. Auguste Verdier le meunier s’exila à Paris et trouva du travail dans l’usine Dubonnet jusqu’à la seconde guerre mondiale.

Près de la route, adossé à une cabane, une grosse meule signalait aux passants il y encore quelques années qu’à cet endroit l’on venait autrefois moudre son grain.

 

Lire la suite et voir de nombreuses autres photos et archives : http://www.cezalliersianne.asso.fr/index-fr.php?page=patrimoine

Informations transmises par Eric Charpentier

Catégories : Inventaires

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