Le site des Moulins de France
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Moulin de Revere (Italie) – Photos par G.Devoureix

Moudre du grain afi n d’obtenir de la farine et fabriquer du pain remonte à l’antiquité. Les Egyptiens, les Grecs, Les Romains et autres peuples antiques savaient moudre le grain. Les vestiges de la ville de Pompéi recèlent encore des moulins et des fours à pain bien conservés.

Le premier moulin fl ottant sur un cours d’eau fut construit à Rome en l’an 537.
Dès le IVème siècle de notre Ère, les Goths envahissent l’Europe Occidentale.
Au VIème siècle c’est la fi n de l’Empire Romain. L’envahisseur venu du Nord assiège Rome.
Les moulins fonctionnaient, par la force de l’eau conduite par des aqueducs jusque sur les roues.
Les assiégeants ayant dévié l’eau nécessaire aux besoins de la ville assiégée, les moulins ne fonctionnaient plus, la famine était inéluctable. Le général Byzantin,’Bélisaire’ commandant la garnison romaine eut l’idée de faire construire sur le Tibre un moulin ancré à la rive et dont les roues à aubes seraient mues par le courant du fl euve. Ainsi naquit le premier moulin bateau de l’Histoire*.
Au XIIème siècle, on en construit trois à Paris sous les arches du Pont Neuf, premier pont de la Capitale. Par la suite, d’autres moulins furent construits sur la Loire, la Garonne, le Lot, le Rhône ,la Saône, le Rhin, le Main, le Danube, etc.

*selon certains chercheurs, il se pourrait que le général Bélisaire ait déjà vu ce genre de construction à Byzance(Mésopotamie).

La meunerie en Italie, au moyen de moulins sur l’eau remonte au Moyen Âge et à fait vivre des générations de meuniers pendant des siècles.
Sur le Pô et ses affl uents, une activité meunière intense s’est développée au cours des XVIIIème et XIXème siècles et jusqu’à la seconde guerre mondiale.
C’est aussi un moyen de conserver le patrimoine culturel du pays.
Deux régions d’Italie ont reconstruit à l’identique des moulins totalement disparus. 2 exemplaires viennent d’être récemment inaugurés : en Lombardie à Revere, petite commune sur le Pô, province de Mantova, ainsi qu’à Ro province de Ferrara en Emilia Romagna.

Il existe plusieurs types de moulins fl ottants, il serait fastidieux de les énumérer tous. Le plus répandu en Italie du nord est à deux coques identiques, comme un catamaran. Sur la plate forme de chaque côté des roues
à aubes, deux bâtiments abritent les meules et tout le matériel de meunerie. L’ensemble est ancré au fond du cours d’eau ou à la rive, face au courant et peut être déplacé en travers du fl euve, en fonction et du niveau des eaux et de la force du courant. Les crues du Pô sont légendaires les différences moyennes entre l’été et l’hiver sont d’environ 4 à 5 mètres. Au cours des âges, sa variation maximum a atteint dix mètres.

Comment m’est venue l’idée de construire un moulin fl ottant ?
Sous l’impulsion d’un Italien immigré à Angoulême depuis 1949, décédé à ce jour, un jumelage entre Les communes de La Couronne (16) et Concordia sur le Secchia, province de Modène en Italie, a vu le jour en 1997. Nos contacts avec nos amis Italiens de cette région parmi lesquels un ancien professeur de technologie, passionné de moulins, nous ont amené petit à petit à comprendre leur mode de vie et cet homme nous a fi nalement communiqué sa passion, en particulier les moulins fl ottants, sur l’un desquels un grand-père et arrière grandpère étaient meuniers. Fin 2003, le comité de jumelage de La Couronne, dont nous faisons partie, ma femme et moi, envisage une exposition au Centre Socio-Culturel, sur le thème : l’habitat de leurs cinq pays « jumeaux ».
L’idée du moulin bateau semblait toute indiquée afi n de montrer quelque chose de représentatif de l’Italie du Nord et particulièrement de la Basse Modénaise. À partir d’un plan envoyé par notre correspondant italien, nous avons entrepris la construction d’une première maquette, réalisée en matériaux légers récupérés ça et là mais totalement incapable de fl otter. Après son exposition à La Couronne en avril 2003, cette maquette a été offerte à Concordia et séjourne désormais dans le hall d’entrée de la mairie de cette ville. Devant le succès obtenu par ce tout nouveau « hobby », l’idée m’est venue de continuer le modélisme, activité à laquelle je n’étais
pas préparé, mais qui me permet en plus de l’écriture, d’occuper intensément ma retraite.
Après quelques 500 heures de travail ce modèle réduit à l’échelle 1/8ème qui fonctionne parfaitement sur l’eau (il a été construit dans ce but) est la variante la plus répandue parmi les sept ou huit types de moulins fl ottants qui ont existé au cours des siècles. Ses dimensions sont les suivantes : longueur 115 cm, largeur 101 cm, hauteur 72 cm, poids 31 kg.
Cet ouvrage doit être considéré comme pédagogique, il a déjà été présenté à une classe de CE2 de Magnac sur Touvre (16) en 2004, à la foire artisanale de Touvre (16) le 3 octobre 2004 et le 2 octobre 2005, à la salle des fêtes de La Couronne (16) en novembre 2004 et 2005, à l’offi ce de tourisme de Massignac (16) en janvier 2006, à la bibliothèque municipale de Magnac sur Touvre en novembre 2007. À Concordia (Italie) les 31 octobre 1 et 2 novembre 2004, sur le thème : « Les roues du pain », il eut un franc succès.

Georges Devoureix – Article paru dans le Monde des Moulins – N°23 – janvier 2008

Catégories : Technique

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