Le site des Moulins de France
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C’est devant un public très attentif, de soixante personnes au moins, que les Amis du Vieux Dun ont donné une conférence, le vendredi 11 janvier dernier, sur les moulins en Berry.

Jacques Bauchet, le président de l’Association, après avoir exposé le programme de la conférence a présenté les différents intervenants : Maurice Durant, président des «Amis des Moulins du Cher» et représentant la «Fédération Française des Associations de Sauvegarde des Moulins» et Jacques Guyart, propriétaire du moulin de Nouan, Michel. Terrasson, propriétaire du moulin de Préalix, qui a aussi donné quelques explications sur la restauration de son moulin. En outre, le Président a remercié le propriétaire du moulin de Chassy, François de Dreusy qui a envoyé une documentation. Etait également présent M. Alain Perrier, représentant la Fédération des Moulins de France (cette fédération édite la revue «Le Monde des Moulins).

Il a ensuite donné un aperçu historique des moulins dans la région de Dun. Au 15ème siècle, la paroisse de Dun-le-Roy comptait, non compris les moulins de Mirebeau et de Tesseau sur des ruisseaux, douze autres moulins à blé, à écorce ou à draps assis sur l’Auron, dont plusieurs étaient entraînés par la même roue. Les meuniers étaient souvent en querelle avec les propriétaires riverains des cours d’eau en raison du préjudice que l’élévation, par leur fait, des retenues d’eau en amont des moulins causait aux prés (voir le procès au meunier de Ripière). C’est ainsi que, par mesure administrative, la plupart d’entre eux disparurent à la fin du 18ème siècle. On leur substitua, sur les coteaux des moulins à vent qui ne tournèrent qu’une cinquantaine d’année. Les moulins (à eau) de La Cloix et de Préalix disparurent à la construction du canal de Berry.

La carte de Cassini nous révèle un moulin à vent au Targon et un autre à Daucé pour la région de Dun. Le cadastre de 1826 nous signale quatre moulins à vent : celui de la Ville à l’extrémité de la rue de l’Hirondelle qui lui a donné son nom, au Tertre de Guédemont, à Pré-alix et Ripière. Quant au moulin de La Forge, il doit être antérieur à cette date.

Le moulin de Préalix est décrit dans un acte de vente du 13 mars 1861 : «Un moulin à vent, situé près de Préalix, construit en pierres avec toit mobile, couvert de rebardeaux, en-semble des meules, volants, toiles, cordages, échelles et autres ustensiles servant à son exploitation et une parcelle de terre entourant le moulin.»

Selon A Frémont – statistiques édition de 1862 – les moulins à vent étaient au nombre de 75 dans le département du Cher, dont 12 dans l’arrondissement de Bourges, 11 dans l’arrondissement de Sancerre et 52 dans celui de Saint-Amand. Le canton de Nérondes en avait 16, c’est celui qui en avait le plus. Les moulins à eau étaient bien plus nombreux, on en comptait 585.

Les moulins à vent venaient souvent en complément des moulins à eau, pour compenser le manque d’eau durant la période d’étiage en été, d’autant qu’en cette saison il y a beaucoup de vent en Berry.

Des vues des moulins de La Forge, de Ripière, de Lantan dont il ne subsiste que les tours et de Préalix avant sa restauration ont été projetées en illustration de l’introduction.

M. Maurice Durant, après une présentation générale, a situé les moulins dans l’histoire. Des meules taillées en Asie Mineure datent de 350 ans avant JC. Beaucoup de moulins étaient en bois, ce qui explique le peu de vestiges. Au milieu du 19ème siècle il y avait 630 moulins à farine, dont 75 à vent, plus des moulins à foulon pour le chanvre, d’autres à tan pour l’écorce de chêne, également des roues à aubes pour la métallurgie. A ces moulins, il faut associer les moulins à huile entraînés par un âne ou un cheval ; il y avait autrefois deux moulins à huile à Dun. Il n’existe plus que deux moulins industriels à farine qui tournent encore aujourd’hui dans le département du Cher, dont celui de Chappe à Bourges. Il a ensuite énuméré les moulins à vent qui subsistent encore dans le Cher de nos jours dont Jussy Champagne, Chalivoy la Noix, Villiers à Chassy et Villequier. Dans le Sancerrois quelques moulins à eau tournent encore (consulter le site Internet : www. moulinsduberry.fr.st).

Le couvrement du moulin de Préalix, réalisé le 19 septembre 2007, a été exposé. La charpente de la toiture mobile est métallique, mais sa couverture est en bardeaux de châtaignier. Le diamètre de la tour est 7,20m. 48 kg de clous en cuivre et 7 000 bardeaux ont été utilisés pour sa restauration. La manutention du toit, équipé de l’arbre moteur, d’un poids de 6 tonnes, et des ailes, effectuée au moyen d’une grue mobile, a été illustrée par la projection d’un reportage photographique abondamment fourni.

J. Guyard a présenté la carte des moulins en Berry (consulter le site Internet : www.moulindenouan.fr.st). Il a recensé sur les cartes d’Etat major 110 moulins à vent vers 1850. La plupart de ces moulins sont situés sur un axe Sud-ouest Nord-est passant sud de Bourges, dans la plaine céréalière qui se trouve être la zone la plus ventée du département. Moins d’une trentaine subsiste encore. Tous sont identiques, à l’exception de trois. Il existe donc un moulin type du Berry : tour en pierres avec deux portes opposées au Nord et au Sud surmontées de trois petites fenêtres. Le toit est tournant. La lucarne a deux joues et trois pans en général ; sans utilité fonctionnelle, elle rappelle la forme des chiens-assis des maisons campagnardes du Berry. Les ailes sont à voiles. Ces moulins sont très différents de ceux que l’on trouve, très près dans la Nièvre, de l’autre coté de la Loire et de ceux de l’Anjou qui sont sur pivot.

Le moulin de Nouan, sur la commune de Chezal-Benoît, est la propriété de la famille Guyard d’Issoudun. Il date de 1810. Il a été restauré en 1986. La charpente est en bois, réalisée à l’identique des anciens moulins. Il est couvert de bardeaux en châtaignier. Les meules proviennent du moulin de La Forge.

Sur les vues projetées, nous avons pu voir les différents éléments constituant le mécanisme de ce moulin : le rouet, porté par l’arbre moteur, dont les dents en cormier, appelées alluchons,entraînent la lanterne, sorte de cage d’écureuil dont les fuseaux sont en frêne, qui transmet le mouvement à la meule tournante. Ce moulin est visitable sur rendez-vous, et peu fonctionner s’il y a du vent

Jacques Bauchet, après les félicitations et les remerciements adressés aux intervenants à l’origine des restaurations de moulins, contribuant de la sorte à la conservation du patrimoine, a invité toutes les personnes intéressées à venir participer, chaque premier mercredi du mois aux réunions mensuelles «Atelier d’histoire et du patrimoine» de l’Association. La prochaine réunion se tiendra le 06 février à partir de 18 heures 30, salle de réunion à l’étage, rue du Collège. Actuellement la parution d’un ouvrage sur Dun il y a 100 ans est en préparation ainsi que la cartographie des communes du canton de Dun.

Documentation hors conférence (Cf. Moreau tome 2) Faubourg de l’Hirondelle ou du moulin à vent : Ce dernier nom donné par un moulin en pierre bâti au Midi ou par un moulin en bois élevé un peu plus loin en 1641 par Gilbert Gallerand, sieur de Guédemont.
Guédemont : En 1640, cette petite seigneurie appartenait à Gilbert Gallerand, président au grenier à sel de Dun-le-Roy, lequel fi t construire par Ch. Febvre, maître charpentier de Blet, suivant marché du 23 avril 1641, le moulin à vent en bois de Guédemont, «ce moulin fait parfait, tournant, virant faisant bonne farine», moyennant 210 livres tournois.

Jacques Bauchet

Paru dans le Monde des Moulins n°25 de juillet 2008

Catégories : Vie des associations

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