Le site des Moulins de France
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Un patrimoine d’exception

par Bernard Plumart

Le Musée des Bois Jolis est installé dans un cadre à l’atmosphère magique, dans un moulin à eau dont l’existence est attestée dans un cartulaire de 1466 ; le meunier est alors Jehan Boucqueau qui verse une redevance à l’abbaye Saint-Lambert. Des documents conservés aux Archives Départementales du Nord permettent de retracer l’historique des trois moulins à eau qui furent bâtis sur le territoire de Felleries, le long de “La Belleuse” et dont les bâtiments existent encore de nos jours, le Moulin des Bois Jolis étant le plus ancien.

La vanne de décharge – Photo Annick Gosset

La carte de Cassini (XVIIIe) atteste également la présence du Moulin des Bois Jolis à Felleries, village clairière, qui est en effet encore de nos jours complètement entouré de forêts. Des sentiers de randonnées vous emmènent à la découverte de celles-ci et du magnifique bocage avesnois. Des chambres d’hôtes et des gîtes sont à la disposition des visiteurs au cœur même du village.

L’arrière du moulin, avec le bief du bas – Photo Annick Gosset

Ce Moulin des Bois Jolis, à deux tournants, est l’un des derniers des Hauts-de-France avec ses roues à augets en état de fonctionnement. Ce sont ici, vous l’avez compris, des roues par-dessus : c’est donc le poids de l’eau qui les met en mouvement. Devant les visiteurs, le blé est déversé dans la trémie, la boulange tombe alors dans la huche, un régal pour nos sens. La pierre bleue de l’Avesnois patinée par “les pas et le temps” couvre le sol de cet endroit chargé d’histoire.

La pierre bleue de l’Avesnois – Photo Annick Gosset

Le rouet et la lanterne – Photo Annick Gosset

ll est également le seul moulin à eau du département du Nord avec un espace muséographique associé.

Le tour à manivelle – Photo Annick Gosset

Objets et jeux de fabrication locale – Photo Annick Gosset

L’histoire locale, la vie du village et de ses habitants autrefois, la découverte des objets tournés vous seront contés en parcourant les salles. Ce village comptait 1500 habitants à la fin du XIXe , dont pratiquement 400 ouvriers qui travaillaient le bois. Dans l’une des caves du moulin, les tourneurs prennent plaisir à partager leur savoir-faire, vous pourrez même essayer le tour à la perche du XVIIe siècle.

Au Salon International des Métiers d’Arts de Lens – 2019.
De gauche à droite : Bernard Plumart et Jean-Claude Liénard,
les tourneurs bénévoles du moulin. Photo Sophie Stalnikiewcz

Projet d’électrification au Moulin des Bois Jolis

par Patrick Brutsaert

À Felleries, le Moulin des Bois Jolis est alimenté en eau par la Belleuse, affluent de l’Helpe majeure. La chute d’eau est d’environ 4 mètres. Le moulin comporte deux roues, chacune d’elles étant alimentée, en partie supérieure, par un canal différent. Les principales caractéristiques de ces roues sont les suivantes : 3 m de diamètre, 32 augets d’une contenance unitaire de 30 litres.

Le canal d’alimentation de ces roues comporte une vanne permettant de régler le débit. La commande en est effectuée grâce à un système de poulie et de câble. Un clapet situé dans le canal permet d’évacuer l’eau en cas de rupture de la vanne d’arrivée.

Plan du Moulin de Felleries (1975)

Vue d’une des deux roues – Photo Patrick Brutsaert

Il est envisagé d’utiliser l’une de ces roues pour produire de l’électricité.

Les caractéristiques précises de la capacité de la roue n’ont jamais été mesurées ; toutefois, à partir de ses caractéristiques dimensionnelles et de sa capacité en eau, le couple mécanique maximal (godets pleins) peut être déterminé :
4500 Nm (Newton-mètre). Plus le moulin tourne rapidement, moins les godets se remplissent. La caractéristique estimée de la puissance en fonction de la vitesse est donnée sur le graphique (ci-dessous)

Puissance estimée en fonction de la vitesse de rotation
de la roue – Patrick Brutsaert

La puissance hydraulique maximale disponible sera d’environ 4 kW, à une vitesse d’environ 12 t/min. Le couple à la puissance maximale est de 3180 Nm. Ces valeurs recoupent la littérature sur le sujet, qui donne généralement un ratio de 0,7 entre la puissance maximale et la puissance théorique. Dans le calcul ci-dessus, le ratio obtenu est de 3180 / 4500 = 0,71. À ce point de fonctionnement, le débit nécessaire sera d’environ 192 l/s, soit 0,2 m3/s, parfaitement compatible avec le débit disponible.
Sur son axe, la roue est munie d’une grande poulie plate de 1,5 m de diamètre, placée entre les paliers. Cette poulie peut naturellement être utilisée pour entraîner l’alternateur au moyen d’une courroie plate tout en permettant d’augmenter la vitesse de rotation. Ce choix n’est pas la solution la plus utilisée aujourd’hui dans les entraînements, mais la mise en place d’un système à base de courroie trapézoïdale ou de multiplicateurs mécaniques à engrenages serait difficile et coûteuse. Surtout, l’utilisation d’une courroie plate permettra de conserver le style historique du moulin, car c’est ce type de courroie qui était utilisé par le passé.
Le moulin sera ainsi équipé d’une platine comportant un alternateur à aimants entraîné par la courroie, lequel, à terme, alimentera le réseau électrique grâce à un onduleur électronique. La première phase de l’installation consiste à mettre en place cet entraînement, et à en vérifier le bon fonctionnement.

Poulie plate accouplée à la roue – Photo Patrick Brutsaert

Vue de la courroie (en vert foncé), de la platine et de l’alternateur à aimants permanents (en vert clair) – Photo Patrick Brutsaert

Dans une deuxième phase, l’onduleur sera installé et le raccordement au réseau sera effectué.

Enfin, une automatisation complète de l’installation, consistant à compléter la commande manuelle des vannes par des organes électriques et à adjoindre un automate de contrôle, pourra être envisagée dans une troisième phase.

Notre site : www.felleries.fr
Pour une visite du Moulin et du Musée des Bois Jolis :
réservation au 03 27 59 03 46 ou au 06 83 43 59 35

 

Bernard Plumart,
président de l’Association des Amis de Felleries et des Bois Jolis
Patrick Brutsaert,
Ingénieur Arts et Métiers spécialisé en électrotechnique

Paru dans le Monde des Moulins n°76 d’avril 2021

Catégories : HistoireTechnique

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