Le site des Moulins de France
ArabicBasqueBelarusianBulgarianCatalanChinese (Simplified)CzechDanishDutchEnglishFinnishFrenchGermanGreekHebrewHungarianItalianJapaneseLithuanianNorwegianPersianPolishPortugueseRomanianRussianSpanishSwedishTurkishUkrainian

« Moulins à vent déchus, perchés sur nos collines
Artisans besogneux jadis de la moisson
Quand vous étiez encore l’orgueil de nos dolines
Aurait-on pu songer vous voir à l’abandon ? »

« Nos moulins à vent du Causse sont partie intégrante de notre territoire et leur protection nous parait indispensable. Dans d’autres régions, des programmes de protection, de réhabilitation et de valorisation à des fins culturelles, pédagogiques et touristiques ont été conduits avec succès. Les Causses et Cévennes peuvent aussi susciter de tels projets. »
(Daniel Travier dans le n°2-1996 de la revue Causses et Cévennes).

Le Rédounel avant 1977. Photo Pierre Cauvel

Le premier moulin réhabilité sur le Larzac est celui de Saint-Pierre de La Fage (Hérault). Le second est celui de La Couvertoirade, le Moulin dit du Rédounel. Signalons l’action de l’Association Les Amis de la Couvertoirade bien avant la suggestion de D. Travier. En effet, dès 1976, son président, Jacques Teisserenc, avait insisté sur la possibilité de reconstitution de cette vieille tour à demi effondrée dont, à l’époque, on ne connaissait pas l’origine. En 1977, première consolidation. L’idée d’une réhabilitation fait son chemin pour aboutir en 2003 à la signature d’un bail emphytéotique de 20 ans entre la mairie et l’association. Après la rédaction d’une pile de dossiers et une fois les autorisations nécessaires obtenues, les travaux peuvent être commencés en 2006.

2006 : La tour rehaussée. Photo P. Bouloc

30 juillet 2009 : première inauguration. Le moulin a retrouvé son aspect extérieur. Tout neuf sur la colline au sommet arrondi (le Mont Rédoun), il offre une magnifique carte postale : le village entouré de remparts et son moulin à vent qui embrasse l’immensité sauvage du causse.

3 août 2018 : à la fin de la restauration, le mécanisme étant mis en place, une petite réception a lieu sur la colline. L’homme du jour a été Bernard Badaroux, ébéniste d’art à Séverac-le-Château (Aveyron) et charpentier du moulin. Cette œuvre sur mesure nécessita dans un premier temps 2000 heures de travail, de nombreuses nuits de réflexion et « la conjugaison de compétences affirmées ». Je cite Céline Grousset (Midi Libre – novembre 2016). « Après avoir réalisé un gros travail de forgeron dans son atelier, Bernard Badaroux œuvrait avec dextérité et grande précision sur le chemin dormant, sur la partie sommier en vieilles poutres de chêne, avant de travailler la charpente, le gouvernail, la couverture et les majestueuses ailes. » Dans un deuxième temps, suivit un mécanisme d’horloger nécessitant encore des heures et des heures de travail dans l’atelier et sur place. « Le hasard n’a pas le moindre espace pour venir s’immiscer dans ce mécanisme complexe. » Le visiteur ne peut imaginer le nombre d’opérations délicates et le labeur constant qu’a nécessité la construction du moulin.

Bernard Badaroux – Mise en place de la meule. Photo P. Bouloc

 

Revenons à 2004, date à laquelle les points forts du projet sont mis en avant : cadre exceptionnel, contribution au développement culturel, contribution au respect et à la protection de l’environnement, à la connaissance des usages et des pratiques agricoles traditionnels, inscription dans le mouvement de valorisation de l’ensemble du patrimoine communal, en articulation avec les fours à pain, et certains projets tels que la restauration au pied du Rédounel des écuries et granges du XIIIe siècle. Le projet a été soutenu par le Conservatoire Larzac Templiers Hospitaliers et l’architecte des Bâtiments de France, Monsieur
L. Causse, qui a toujours aidé Les Amis de La Couvertoirade dans leurs démarches.
Ne nous attardons pas sur la genèse de la restauration ni sur les techniques de la mouture du blé.
D’excellents opuscules ont éclairé le sujet, tel le fascicule Le Roudet n°3 mai 2002 dans lequel
J.P.H Azéma et J. Delmas publient les monographies historiques de tous les moulins à vent du Rouergue.

Le Roudet n°3 (2002)

 

Abordons plutôt l’historique depuis le Moyen-Âge du patrimoine éolien de La Couvertoirade et posons-nous la question : au Moyen-Âge, y avait-il beaucoup de moulins à vent sur le Larzac ?
Ouvrons Le Roudet.
La Cavalerie (Aveyron) : « Il existait vers 1750 un moulin à vent construit par M. Brouillet. En 1809,
il n’est pas fréquemment en activité. La majeure partie des gens préfèrent aller moudre à Sainte- Eulalie. » (A.D.12). Donc, moulin au XVIIIe siècle seulement.
La Blaquière (Aveyron) : « 1448. Le cadastre de 1489 en mentionne un, appartenant à un nommé G. Réfrégiers. Moulin aujourd’hui disparu. » Donc pas de moulin avant le
XVe siècle.
S’il y avait un moulin à La Couvertoirade au XIVe siècle, il était bien le premier sur le Larzac. Et il y en avait un !
Première mention : 1355.

« L’eau est du Roi, le vent n’est qu’à Dieu »
Au Moyen-Âge – et le dicton explique pourquoi – les moulins à vent n’étaient pas soumis à la banalité, c’est-à-dire que les utilisateurs ne payaient pas “le ban” (l’impôt local) au seigneur ou, à La Couvertoirade, au Commandeur de l’Ordre des Hospitaliers. Ils étaient de statut privé. Les cartulaires, recueils de chartes concernant les fermages des biens des communautés religieuses, ne font que rarement mention des moulins à vent.
Les autorités religieuses ou seigneuriales favorisaient les signatures des baux mais ne s’occupaient ni des réparations ni des reconstructions.
À La Couvertoirade, s’intéresser au Moulin du Rédounel, c’est découvrir les heurs et les malheurs de deux moulins, celui du Moyen-Âge, c’est à dire celui du Couchant, et celui du XVIIe siècle, celui du Levant : c’est ce dernier qui vient d’être refait à neuf.

LE MOULIN DU COUCHANT

Le premier moulin à La Couvertoirade est désigné ainsi dans les archives. Situé à l’ouest du château alors occupé par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, il s’élevait sur une éminence à une centaine de mètres à vol d’oiseau du portail nord des remparts (tour carrée). Mais à l’époque, il n’y avait point de tours, puisque les remparts ne seront construits qu’au XVe siècle, entre 1440 et 1445.
Au XIVe siècle, sans ses remparts, le village était sans aucun doute plus étendu qu’aujourd’hui et les maisons près du moulin sont souvent décrites dans les archives. Exemple :
« Maison avec aire attenante et pallier confrontant au Nord.. au Sud… ». Le nom des occupants des lieux est aussi mentionné.
Le village était alors un des plus importants du Larzac. Dans « la Revue de l’École des Chartes (1883 – n°4), un article de M. Molinier intitulé « La Sénéchaussée du Rouergue en 1341 » indique :

  • La Couvertoirade 135 feux
  • La Cavalerie 69 feux
  • L’Hospitalet 60 feux

Si à l’époque, un feu c’est en moyenne cinq habitants, nous avons respectivement 675 habitants, 350 et 300. L’estimation est datée de 1341, ce qui correspond presque à la date de construction du moulin puisqu’il est mentionné pour la première fois en 1355.
Le Moulin du Couchant serait d’ailleurs le deuxième moulin à vent construit en Rouergue, le premier étant celui de Rodez, en 1345, sur les remparts de la cité.
Dans Le Roudet, J.P.H Azéma et J.Delmas signalent dans l’arrondissement de Millau – outre ceux de La Cavelerie et de La Blaquière qui, nous l’avons vu, sont postérieurs – le Moulin de La Couvertoirade, celui de La Pezade (disparu), celui de Cazejourdes (disparu), tous les trois étant sur le territoire de La Couvertoirade.
Pour le premier, les auteurs font état des Archives Départementales (A.D) de 1414 – 1460 – 1482 -1536 – 1581 et 1629.
Nous avons trouvé dans les archives treize mentions du Moulin du Couchant et trois mentions du Moulin de La Pezade.
La première date de 1355. Reconnaissance par Pétri Delliquier d’une maison et d’une aire qui confronte « cum via qua itur de platea castri Coperturata versus molendinum venti et ex alia cum via qua itur de dicto molendinus versus hospicia del Sabelhos ».
Intéressant, car s’il est fait mention du moulin, il est aussi question du château et d’un hospice. Cet hospice pourrait-il être localisé à la maison Nozeran-Carceller, ancien café, en face de la tour ronde ? L’appareillage et la qualité des pierres font évidemment penser à un bâtiment du XIIIe siècle.
En consultant les archives, nous apprenons qu’en 1414, le moulin est toujours en activité, mais en 1420, ce Moulin du Couchant ne fonctionne plus. En 1460, « Raymond Ricard, prieur de Saint-Gilles de la maison de Sainte-Eulalie-du-Larzac, sachant « quedam molendina bladeria vulgariter vocata del ven »
sis dans la paroisse et juridiction de Saint-Christophe du château de La Couvertoirade, près du portail majeur du dit-lieu du couchant, doté de deux pontilz et deux roues avec deux tours voisines, sont réduits à l’état de casals, constatant qu’ils sont au chômage depuis plus de quarante ans et que les emphytéotes sont obligés d’aller moudre dans les moulins du voisinage, distants de deux lieues environ, décide de les bailler à une personne sachant les gouverner. En conséquence, il les baille à Guilhem de la Sala… Outre le cens de six setiers de blé, le meunier devra moudre pour la maison de La Couvertoirade, sans lui faire payer le droit de mouture… »
C’est la première fois qu’il est fait état de deux moulins voisins. Archive troublante car ambiguë. Au XVIIe siècle, on a planté une croix dite la Croix du Vent – appellation encore utilisée aujourd’hui – sur l’emplacement fort visible du moulin d’antan. Devrions-nous écrire d’un des deux moulins du couchant ?
Guilhem de la Sala ne semble pas avoir tenu ses engagements. Citons encore l’archive de 1460 : « Restaurer les moulins afin qu’ils soient en état de moudre d’ici un an, ou au moins l’un d’entre eux » (P. de Bessodes, notaire de Sainte-Eulalie). En effet en 1475 (3E12302) « concession en acapte et emphytéose à Alano Rudellle, moliniéro du lieu-dit Subertio, diocèse de Lodève. »
1482. Rien ne va plus. Les moulins ne fonctionnent plus « depuis plus de soixante ans ».
Ils auront donc tourné de 1350 à 1420. Soixante-dix ans environ. On ne parlera plus des moulins du couchant, car nouveau bail à Peire Clarissac, hôte de La Pezade de Saint- Fulcran. « Il pourra reconstruire les tours et transporter leurs mécanismes à La Pezade, si cela lui convient.»
C’en est bien fini du Moulin du Couchant. Guilhem de la Sala, Alano Rudelle n’ont pas pu le (ou les) réparer.
Les réparations sont à la charge de ceux qui signent les baux.
C’est le début du Moulin de La Pezade. Les paysans de La Couvertoirade vont être obligés de faire moudre leurs récoltes à une lieue environ. Les archives de 1536 et 1581 concernent ce moulin qui sera détruit au XVIIIe siècle. Il n’en reste qu’un lieu-dit, lo moli del ven.

LE MOULIN DU LEVANT : LE RÉDOUNEL

Regardons les plans du XVIIe siècle conservés aux Archives de Toulouse. Le moulin est bien dessiné à l’emplacement actuel.
Utilisons les archives de l’Aveyron, celles conservées à Malte, celles des Bouches-du-Rhône, consultées par J. Miquel, historien du Conservatoire Templier et Hospitalier dont les travaux sont très utiles.
3 E 19328 (1602) Achat par Étienne Grailhe, « d’un pailler d’un étage avec une aire qui confronte aire d’Antoine Coulet et pailler de François Vollar, du midi avec le moulin à vent ».
Le moulin semble donc être en activité dès 1602. Il n’y avait plus de moulin depuis 1420 à La Couvertoirade.
Les autres archives utiles sont celles de :

  • 1623 conservées à Malte,
  • 1635 des Bouches-du-Rhône
  • 1654 (3 E 18048) de l’Aveyron
  • 1742 et 1746 de l’Aveyron

1623. « Améliorissements de Jean-Paul de Lascaris-Castelar : plus a dit avoir fait faire un moulin à vent au dit-lieu à cause de l’incommodité que les paysans avaient d’aller moudre à une lieue de là, et de payer neuf cent livres tournois. »
1635. «Plus nous sommes transportés hors du dit-lieu environ cinq cent pas pour visiter le moulin à vent que nous avons trouvé avoir été fait à neuf par le sieur Commandeur, étant en très bon état tant bois que couvert que portes et serrures.»
Le Commandeur qui a fait faire le moulin à neuf est Antoine de Paule, commandeur de Sainte-Eulalie de 1600 à 1623.
1766. Le moulin semble être toujours en fonction (3 E 18075). C’est la dernière mention trouvée au sujet du Rédounel.
Avant la Révolution, il y avait quatre cents habitants au village et 50 % de la surface agricole de la paroisse était cultivée avec, sur les sols dolomitiques, trois cent six arpents de seigle, mille deux cent six arpents d’orge – surtout la variété paumelle, semée au printemps – , trois mille vingt-quatre arpents de froment. Le blé reste donc la céréale essentielle. L’arpent varie d’une région à une autre mais sur le causse il équivaut à trente-quatre ares environ.
Au XVIIIe siècle, l’adage «le vent n’est qu’à Dieu » était-il encore respecté ?
Le statut de meunier était toujours de droit privé, droit confirmé par décret de la Convention le 17 juillet 1793, non seulement pour les moulins à vent mais aussi pour les moulins à eau.
L’abbé Caubel (Échos des Remparts n°119) fait état, grâce aux Archives départementales du Gard, en 1762 d’une visite de Maître Sales, procureur fondé du commandeur et nous apprend les dîmes perçues sur les grains. Le ban ne s’applique pas. La visite continue : «Nous nous sommes rendu ensuite au four banal, contre lequel est attaché un carcan de fer suspendu à une chaîne de même, pour marque de juridiction». Rappelons la date : 1762. Puisque nous sommes au four, une archive du 18 décembre 1853 nous indique que « le four banal n’a jamais été affermé à cause de la modicité des revenus qu’il pourrait rapporter et l’autorité s’est toujours bornée à le livrer gratuitement ». Reste à interpréter l’adverbe «toujours».

2018 : Le Rédounel terminé. Photo P. Bouloc

 

Pourquoi les moulins ont-ils été détruits ? Quand le Rédounel a-t-il cessé de tourner ?

Nous avons suggéré que l’une des raisons était le statut du meunier qui n’avait pas toujours les moyens de réparer les engrenages, les arbres de transmission du mouvement et les ailes qui souvent se brisaient sous le souffle violent du terral ou du marin, de la bise ou de l’aial.
Il avait beau prendre les précautions évidentes en orientant les voiles, en mettant la toile ou en la réduisant selon la force et la direction du l’albigès ou de l’autan, la nature est souvent plus forte que les dispositions prévues.
Le problème du vent n’a pas beaucoup intéressé les géographes. Ils ont étudié le climat, car il y a une incidence des conditions météorologiques sur les récoltes et sur l’économie rurale, mais ils n’évoquent que rarement les tempêtes. Sauf lorsqu’il s’agit d’ouragans en mer avec la perte de bateaux de guerre. Les historiens locaux sont eux aussi muets sur le sujet.
Aujourd’hui, nous pouvons compter sur les bulletins de Météo France qui donnent des renseignements précis sur la fréquence de la turbulence des vents, les rafales dont la durée de quelques secondes peut doubler ou tripler la vitesse. Actuellement, on ne peut restaurer un moulin sans connaître la « rose des vents », le graphique qui permet de visualiser les différents vents en un lieu donné sur une certaine période. Au XVIIIe siècle, le meunier ne pouvait pas toujours anticiper les manœuvres à effectuer pour maîtriser la force d’Éole.
Le Rédounel a-t-il été victime des tempêtes souvent violentes sur le Larzac ?
A-t-il subi les violences d’une jacquerie à la Révolution ?
J. Miquel, dans une Lettre aux Habitants de Nant et de Cornus, raconte comment les femmes de La Couvertoirade ont résisté le 9 septembre 1772 aux forces de l’ordre. Acte de rébellion à la fin de l’Ancien Régime, à une période où la pression fiscale de plus en plus forte est de moins en moins bien acceptée. En 1774, c’est tout le peuple agricole qui se révolte contre les grands propriétaires, contre les meuniers. Dommage, nous ne pouvons consulter les archives municipales du village voisin de Sauclières où elles étaient conservées jusqu’en 1934. Elles ont été victimes d’un incendie. De 1935 à nos jours, celles qui sont conservées à La Couvertoirade ne mentionnent jamais les moulins.
Quand le Rédounel a-t-il été laissé à l’abandon ? Toujours pas de réponse.
À la fin du XVIIIe siècle, les moulins n’étaient plus entretenus. Les chemins s’améliorent, les transports sont facilités. Les paysans de La Couvertoirade ont pu aller faire moudre au Moulin de Nant, à quatre lieues. La concurrence entre les deux types de moulins a tourné vite en faveur du moulin à eau, plus puissant, plus régulier, moins fragile. Et bientôt l’industrie remplacera l’artisanat, le moulin devenant minoterie. Et le Rédounel reste là-haut, seul sur sa colline, abandonné de tous !
Non ! Aujourd’hui rénové, réhabilité, fait à neuf, toi qui fais le beau tout en haut du puech, que peut-on te souhaiter ? Un bon plan de gestion. Que ceux qui maintenant connaissent ton histoire n’oublient pas de faire revivre le temps où tu étais
« l’orgueil de nos dolines », que le zéphyr bien contrôlé pousse quelques jours d’été tes ailes déployées. Soyons optimistes. Notre moulin au long passé a de l’avenir. Concluons avec J.P.H Azéma : « Le défi futur sera de s’appuyer sur ce nouvel outil pour faire vivre, autrement, le village et son patrimoine. »
Bon vent au Moulin du Rédounel.

Pierre BOULOC
Co-fondateur, ancien président et membre actif
de l’Association “Les Amis de La Couvertoirade “

Article paru dans Le Monde des Moulins N°70 – octobre 2019

Catégories : Histoire

0 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *