Le site des Moulins de France
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Avec le soutien du Service Régional de l’Archéologie et du Conseil Général du département.

Un article de synthèse publié en 2003, a exploité l’enquête de 1809 sur les moulins et décrit les carrières de la Jaubernie à Coux et celle de la Coustarasse à Ucel. Plus récemment, en 2009, un nouvel article s’est attaché à l’histoire des meulières vivaroises et à la description de trois sites à Gourdon, Champis-La Molière et Pranles-Barès. Ces deux derniers sites ont fourni des meules rotatives manuelles dans une brèche qui exclut la fabrication de meules à aiguiser.

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Alvéole d’extraction à Vesseaux.

Une recherche documentaire préalable a consisté à effectuer le dépouillement complet des estimes du Vivarais de 1464, complétée par la lecture de nombreux compoix et l’exploitation de l’enquête de 1809 sur les moulins. Cette recherche documentaire a fourni plus de 72 sites attestés par la toponymie dès le XVème siècle, et plus de 100 toutes périodes confondues.

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Exploitation systématique à Saint Etienne de Fontbellon.

Les prospections ont à ce jour permis d’identifier 53 meulières. Elles se sont en un premier temps attachées à déterminer si les deux sites d’extraction de meules rotatives manuelles de Champis et Pranles-Bares étaient exceptionnels
en Vivarais comme ailleurs ou si ce type d’exploitation y était généralisé.
Les formes étant plus facilement lisibles dans les grès, les prospections se sont tout d’abord effectuées dans ce type de roche. Elles ont abouti à la découverte d’une vingtaine de sites dont 12 ont fourni des meules manuelles (à Pranles,
Pourchère, Vesseaux, Aubenas, Sanilhac). Les alvéoles sont parfois très érodées comme à Sanilhac où une ébauche accidentée de 60 cm de diamètre encore solidaire de la roche confi rme bien leur nature d’alvéole d’extraction de meule. L’exploitation de la roche s’est faite ici de façon plus ou moins systématique, les alvéoles se justaposent sans ordre apparent aux limites d’un escarpement qui résulte peut-être d’une exploitation ultérieure. Aux limites de la
commune de Mercuer, au lieu dit Le Grand Bois, un affl eurement rocheux très morcelé a été exploité pour l’extraction systématique de meules rotatives manuelles. Les bancs rocheux sont entamés par de très nombreuses alvéoles de petite taille (40 à 60 cm) tant dans le sens du lit de sédimentation qu’en délit. Les meules ont été taillées par endroit en ligne, les alvéoles tangentes les unes aux autres, pour une exploitation maximale de la roche.

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Ébauche à Sanilhac.

D’autres sites présentent une exploitation plus extensive, la taille des meules s’étant effectuée sans ordre apparent, dans un bois qui présente des alvéoles disséminées comme à Vesseaux ou sur un rocher où elles se concentrent comme c’est fréquement le cas dans la commune de Pranles.

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Le rocher des hirondelles à Pranles.

A Vesseaux, encore, une meulière présente une extraction en tube horizontal. Une ébauche en core visible est avec son diamètre de 65 cm un peu grande pour une meule manuelle. Peut-être le site a-t-il fourni les premières meules de moulin à moins qu’il ne s’agisse d’extraction de meules destinées à un autre usage (meules à huile…).
Là encore la nature de la roche, une brèche à nombreux éléments anguleux siliceux, exclut pour la plupart des sites la production de meules à aiguiser. L’Ardèche se présente donc comme un conservatoire exceptionnel de carrières de meules rotatives manuelles.

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Meulière dans les calcaires de l’urgonien à Saint Martin d’Ardèche.

Les prospections se sont ensuite attachées à vérifi er sur certains sites une continuité d’exploitation au fi l des siècles. Certains sites de production de meules manuelles sont recoupés par une exploitation ultérieure pour des meules de plus grande dimension (Vesseaux, Pranles). Ailleurs, les types d’exploitation se juxtaposent dans l’espace comme sur le site du château de Brison à Sanilhac qui offre un bel exemple de sites meuliers d’époques différentes. Le plus ancien, voué à la fabrication de meules manuelles et à celle de petites meules de moulin sous les tours même du château, semble recoupé par le glacis qui constituait la défense du castrum en direction de l’est.

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Ébauche accidentée à Gourdon.

Plusieurs meulières plus récentes ont aussi fait l’objet de prospections dont certaines ont produit un grand nombre de meules. Saint Martin d’Ardèche présente une belle carrière dans un calcaire urgonien, la taille des meules s’y accroît à mesure qu’on s’éloigne du village, démontrant qu’on s’est tout d’abord approvisionné au plus près. A Saint Julien du Serre, une meulière dans un grès bréchique du Trias a produit en délit des nombreuses meules de moulins dans
la continuité des carrières d’Ucel. Les alentours du roc de Gourdon se présentent comme une vaste exploitation meulière. L’exploitation s’est faite ici sur blocs et est très discrète dans le paysage. Seules quelques ébauches témoignent ici de ce qui fut le plus grand centre ardéchois d’approvisionnement en meules au début du XIXème siècle.
Les prospections systématiques devraient se poursuivre dans le département qui est désormais l’un des mieux documentés.

Colette Veron – Article paru dans le Monde des Moulins – N°39 – janvier 2012

Catégories : Technique

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