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L’Hydronef, moulin-musée – Visite d’un groupe scolaire allemand. 25 03 2019

Le moulin seigneurial

Peut-être existait-il déjà, au XIe siècle, un moulin à la place de l’Hydronef ? Mais la légende prend sûrement le dessus sur la réalité.
C’est au XIIIe siècle que l’on trouve les premières mentions du Moulin de Longué, alors appelé Moulin du Roy.
Au milieu des années 1200, les seigneurs de Thenais, ancien nom de Longué, décident d’aménager la rivière pour y construire un moulin, sûrement entre 1230 et 1240. Il était le moulin banal de la Châtellenie dont Geoffrey de la Roche était le seigneur. Les habitants de la partie dite « de la ville » devaient y faire moudre leurs grains avant la Révolution.
Il existait à cette époque deux moulins à eau de la Châtellenie, le Moulin du Roy, aujourd’hui Moulin Hydronef, et le Moulin de Thenais qui devait se trouver près du château (situé derrière l’actuelle mairie) et dont il ne reste plus aucune trace.

Moulin Seigneurial

Ces moulins, qui produisaient de la farine, étaient confiés à des meuniers qui les faisaient tourner et percevaient la banalité, taxe seigneuriale pour utiliser le moulin.
Le Moulin du Roy, assez modeste, comptait une petite roue et une seule paire de meules. Il ne va presque pas évoluer pendant 600 ans.
Il va passer de seigneur en seigneur jusqu’à la Révolution française où les privilèges sont abolis, et le moulin prend le nom de Moulin de la Ville. Les meuniers peuvent désormais être propriétaires, mais notre moulin va rester dans les familles bourgeoises jusqu’en 1835, année où un meunier, monsieur Hudé, va acheter le moulin.
C’est au XIXe siècle que le moulin va évoluer.

Le siècle des moulins : modernisation et transformation du Moulin de la Ville au XIXe siècle

En 1835, la famille Hudé devient la première famille de meunier propriétaire du Moulin de la Ville.
C’est le fils de Monsieur Hudé, Walfrid Hudé, qui commence à moderniser le moulin. En 1840, il installe les engrenages que l’on trouve encore aujourd’hui à l’Hydronef. Ces engrenages sont en fonte avec des dents en bois de cormier, pour éviter le bruit et l’usure de la fonte. L’ensemble de cette pignonnerie permettra aux meules de tourner 40 fois plus vite que la roue.
Quelques années plus tard, en 1855, Walfrid Hudé installera une machine à vapeur à balancier de 15 à 20 chevaux pour aider la roue qui ne suffit plus à entraîner toutes les machines de mouture.
Mais un problème persiste : le débit d’eau ne permet pas au moulin de tourner toute l’année.
Dans les années 1870, Walfrid Hudé fait appel à l’ingénieur Alphonse Sagebien pour construire une roue spécialement modifiée pour tourner toute l’année. Elle prendra le nom de “roue Sagebien” et restera jusqu’à nos jours.

La famille Grésillon

Élie Grésillon rachète le moulin en 1904. Il est meunier et propriétaire du moulin de Saint-Philbert-du-Peuple à quelques kilomètres de Longué. Il le modernise en installant une machine à gaz pauvre en 1911. À partir de là, le Moulin Grésillon devient l’un des plus importants de la région.
En 1930, il est électrifié pour apporter la lumière à l’intérieur. Il est l’un des premiers moulins à l’être. Après la seconde guerre mondiale, il est entièrement électrifié. La roue et les engrenages, devenus inutiles, sont abandonnés et murés.
Le moulin devient une minoterie moderne qui va sortir jusqu’à 70 tonnes de farine par jour et exporter jusqu’en Égypte.

Le moulin au XXe siècle

Le moulin au XXe siècle

La fin du Moulin de Longué-Jumelles

Mais le succès de la minoterie Grésillon s’arrêtera brusquement en 1987. Un court-circuit va provoquer un incendie qui va détruire la plus grande partie du moulin. Il va rester à l’abandon avant que la famille Grésillon ne décide de vendre les machines restantes au groupe minotier Uniloire en 2001.

Minoterie Grésillon

Achat et rénovation par la mairie

En 2001, la mairie de Longué-Jumelles rachetera les bâtiments de l’ancien moulin laissés à l’abandon. D’énormes travaux sont alors entrepris pour transformer les ruines en musée moderne.

Rénovation en cours

Le travail considérable effectué pour sa rénovation sera récompensé par le prix régional du Ruban du Patrimoine en 2013. Quant aux engrenages et à la roue Sagebien, protégés de l’incendie par les murs qu’on avait dressés autour, ils vont être inscrits à l’inventaire des monuments historiques.


L’Hydronef, moulin-musée

En 2011, l’Hydronef fera sa grande inauguration et ouvrira à la visite. Les Longuéens-Jumellois, nombreux à y assister, prennent rapidement l’habitude de fréquenter ce qui devient vite un symbole pour la ville. On compte, les premières années, 7000 visiteurs sur sa période d’ouverture.

Maquette en papier. Visite pédagogique

Ouvert d’avril à septembre, le musée attire aujourd’hui jusqu’à 4000 visiteurs sur sa
période estivale, pour une ville d’à peine 7000 habitants.

Beffroi et mécanisme au rez de chaussée

Sa visite interactive et virtuelle, par le biais d’écrans vidéo, et son aménagement scénographique peu commun, entraîne les visiteurs dans un voyage dans le temps et l’espace qui ravit petits et grands.

Atelier poterie

En 2018, l’Hydronef prend un nouveau tournant en créant une saison touristique avec ateliers et animations pour les enfants, une programmation de visites guidées, des journées spéciales découvertes pour les Journées Nationales et Européennes ainsi qu’une offre pédagogique complète pour accueillir les scolaires de tous âges.
L’ajout de nouvelles pièces et d’expositions temporaires chaque saison estivale donne aux touristes et aux ressortissants locaux l’envie de revenir chaque année.
Le Moulin Hydronef continue son développement en ouvrant ses portes pendant les vacances scolaires, entre octobre et mars, et en développant son offre d’ateliers et de visites pour les familles aussi bien que pour les groupes.

Service communication – Ville de Longué-Jumelles

Paru dans le Monde des Moulins n°74 d’octobre 2020


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