Le moulin de Lestrat en 1940, d’après Pierre Toulgouat.
Depuis 1812, les parcelles du domaine de Lestrat n’ont pas changé; seules les cultures ont évolué et les pins ont remplacé la lande. Des prés, des potagers, un étang, des pins entourent les différents bâtiments :
- la maison d’habitation avec façade à l’est, construite en 1914 a remplacé la vieille métairie en torchis, de type ancien avec auvent et un toit à trois eaux.
- la charreterie-resserre date de 1914 elle aussi.
- l'étable est divisée en deux parties: l'étable et le magasin.(un vieux bâtiment à pans de bois avec un toit à deux eaux)
- le bûcher, bâtiment plus moderne
- le moulin exposé face à l'est où est gravé sous l'auvent: Deyres 1843; il comprend
a) le rez-de-chaussée avec la chambre des meules et la chambre du nettoyeur
b) le sous-sol couvert par la voûte qui supporte le moulin est fermé au nord par une digue de bois, la chute des eaux fait tourner la turbine qui entraîne les meules. Les arches de la voûte et la partie basse sont construites en pierre de taille venant des carrières de Roquefort. L’ossature du bâtiment est en pans de chêne, entre lesquels parfois le torchis est remplacé par des moellons liés à la chaux grasse. La charpente est en bois de chêne également (sauf les hautes sablières en pin) assemblée par tenons ou mortaises, avec chevilles ; elle est couverte de tuile à canal sur deux versants et sur une croupe.
Toulgouat nous renseigne longuement sur le fonctionnement du moulin qu’il serait trop long de reproduire ici. Retenons que le silex des meules devait être repiqué périodiquement pour qu’elles gardent leur efficacité; ce savoir faire se transmettait de père en fils. Depuis 1911, la meule n° 3, de secours était actionnée par une locomotive à vapeur; à partir de 1930, elle fut remplacée par un moteur à essence et à naphtaline. La turbine entraînait aussi une dynamo produisant du courant électrique pour l’éclairage du moulin.
Toulgouat termine sa description ainsi :
Ravissant moulin, le plus beau que nous ayons vu. Il rappelle par son style les maisons à auvent qui existent dans la région. Placé dans un site enchanteur le moulin est entouré de prés verts et d’arbres magnifiques. Le soubassement blanchi à la chaux met en valeur par sa nudité la partie haute à pans de bois. L’intérieur est aussi attrayant ; balayé régulièrement, il est propre et net et d’heureuses proportions.
Enfin coup de chapeau à Alberte qui a eu le courage de refaire entièrement la charpente du moulin, écrasée par de gros arbres, lors de la tempête de 1999.
(Mairie de Lencouacq)

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