Le site des Moulins de France
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Sur la rive de la Sèvre Niortaise, un lieu historique de la chamoiserie locale. Le Moulin Neuf de la Roussille est un moulin à blé qui dépendait, jusqu’à la Révolution, de l’ancienne abbaye de Saint-Liguaire. Saisi comme bien national, il est ensuite acquis en 1791 par Pierre Joulin. En 1832, c’est aux héritiers de Jean Métayer qu’il appartient, comprenant, en outre, plusieurs maisons accolées entre elles.

Un tournant au début du 20e siècle

C’est en 1900 que l’ancien moulin à eau est transformé en chamoiserie par Jean-Philippe Delazay, avant le rachat, en 1909, par la veuve de l’industriel niortais Aristide Rousseau, installé depuis 1882 au Moulin-du-Roc, en association avec son fils Léon Rousseau et avec le comptable Roux. L’entreprise prend alors le nom de « Veuve Rousseau et Fils », le site s’enrichissant de bureaux, séchoirs et ateliers.
Léon Rousseau reprend ensuite seul l’entreprise familiale en 1934, la ganterie complétant l’activité dans les locaux niortais de la chamoiserie Martin Bastard, avant son transfert à Saint-Liguaire en 1938. L’effectif atteint 167 personnes en 1946, ce total monte à 270 en 1960, puis 280 en 1968. Les bâtiments continuent de se développer sur pilotis, notamment pour abriter la chaufferie, une cheminée de 28 m de haut complétant les installations.

Machine à foulon de l’usine Rousseau.
Photo Nouvelle République

Plus de deux milliers de peaux traitées par jour

Au sommet de l’activité, ce sont jusqu’à deux-cents douzaines de peaux de moutons (soit deux-mille-quatre-cents) qui sont traitées par jour, la ganterie restant plus difficilement rentable que la chamoiserie. En 1981, c’est la fin de l’aventure et la fermeture de l’usine. Plusieurs bâtiments sont alors démolis, dont la cheminée, tandis que les autres sont loués à des artistes. Il subsiste encore quelques vestiges comme les foulons, ces grands marteaux de bois qui tannaient les peaux de la chamoiserie Rousseau, seuls témoins d’une industrie des temps anciens. À la suite de la fermeture de la chamoiserie, des artistes locaux ont investi les lieux, la Roussille ouvre ses ateliers depuis de nombreuses années au début du mois de décembre. Le lieu est devenu aussi le cadre de petites prestations théâtrales ou musicales.
L’Association La Rousse s’est également installée dans l’ancienne chamoiserie-ganterie, avec la vocation d’en faire un lieu de vie et de création. Ainsi, aux portes du Marais poitevin, un espace pourrait développer différentes pratiques : ateliers de musique, de théâtre, de chant, d’art plastique et vivant. Elle a également lancé un nouveau projet, intitulé « Pars-Cours vers la mer ». Tout au long de l’été et au fil des courbes, différents créateurs ont imaginé des installations artistiques en lien avec l’environnement et, chaque dimanche à 19 h, elles deviennent le site d’un temps fort, des comédiens ou artistes de cirque proposant des prestations d’art vivant. Le final de l’été s’est déroulé le dimanche 28 août à La Roussille.

Article paru dans la Nouvelle République le 07/08/2022.

Catégories : Actualités

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