Le site des Moulins de France
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Le roman de l’écrivain espagnol Miguel de Cervantes « L’ingénieux hidalgo don Quichotte de la Mancha » fut édité en 1605 (tome 1) et 1615 (tome 2). Bizarrement, l’imaginaire collectif européen, n’a retenu que sa lutte contre les moulins à vent. Mais l’écrivain était un fi n observateur du monde. Son oeuvre met aussi en scène et de façon plus appuyée, deux autres types de moulins qui l’ont, semble t-il impressionné, et qui ont été depuis plus de quatre siècles, totalement oubliés. Le machinisme, représenté par le déploiement des moulins dans les moindres  ecoins de l’Europe, sert d’appui à ce roman de fi ction sans équivalent. Ainsi nous rencontrons les moulins à vent tour si caractéristiques de la Mancha destinés à la mouture du froment, les moulins foulons, bâtis en bois à trois paires de maillets servant à la préparation des tissus de laine et les moulins bateau, à plusieurs roues, moulant le grain sur un grand fl euve, l’Ebre.

Les moulins à vent (en 1605)

C’est au chapitre VIII du premier livre que se situe l’épisode des moulins à vent. Le titre de cet épisode est très évocateur : « De la grande victoire que le vaillant don Quichotte remporta dans l’épouvantable et incroyable aventure des moulins à vent, avec d’autres événements dignes de mémoire ». Ce chapitre débute immédiatement sur la séquence suivante :
« C’est alors qu’ils découvrirent dans la plaine trente ou quarante moulins à vent ; dès que don Quichotte les aperçut, il dit à son écuyer :
– La chance conduit nos affaires mieux que nous ne pourrions le souhaiter. Vois-tu là-bas, Sancho, cette bonne trentaine de géants démesurés ? Eh bien, je m’en vais les défi er l’un après l’autre et leur ôter à tous la vie. Nous commencerons à nous enrichir avec leurs dépouilles, ce qui est de bonne guerre ; d’ailleurs, c’est servir Dieu que de débarrasser la surface de la terre de cette ivraie.
– Des géants ? Où ça ?

– Là, devant toi, avec ces grands bras, dont certains mesurent presque deux lieues.
– Allons donc, monsieur, ce qu’on voit là-bas, ce ne sont pas des géants, mais des moulins ; et ce que vous prenez pour des bras, ce sont leurs ailes, qui font tourner la meule quand le vent les pousse.
– On voit bien que tu n’y connais rien en matière d’aventures. Ce sont des géants ; et si tu as peur, ôte-toi de là et dis une prière, le temps que j’engage avec eux un combat inégal et sans pitié.
Et aussitôt, il donna des éperons à Rossinante, sans se soucier des avertissements de Sancho, qui lui criait que ceux qu’il allait attaquer étaient bien des moulins et non des géants.
Mais don Quichotte était tellement sûr de son fait qu’il n’entendait pas Sancho et que, même arrivé devant les moulins, il ne voyait pas qu’il se trompait.
– Ne fuyez pas, lâches et viles créatures, criait-il, c’est un seul chevalier qui vous attaque !
Sur ces entrefaites, un vent léger se leva, et les grandes ailes commencèrent à tourner. Ce que voyant, don Quichotte reprit :
– Vous aurez beau agiter plus de bras que n’en avait le géant Briaré, je saurai vous le faire payer !
Là-dessus, il se recommanda de tout coeur à sa dame Dulcinée, la priant de le secourir en ce péril extrême. Puis, bien couvert de son écu, la lance en arrêt, il se précipita au grand galop de Rossinante et, chargeant le premier moulin qui se trouvait sur sa route, lui donna un coup de lance dans l’aile, laquelle, actionnée par un vent violent, brisa la lance, emportant après elle le cheval et le chevalier, qu’elle envoya rouler sans ménagement dans la poussière.
Sancho se précipita au grand trot de son âne pour secourir son maître et le trouva qui ne pouvait plus remuer, tant la chute où l’avait entraîné Rossinante avait été rude.
– Miséricorde ! s’écria-t-il. Est-ce que je ne vous avais pas dit, moi, de faire attention, et que c’étaient des moulins à vent ? Il n’y a pas moyen de s’y tromper, à moins d’avoir d’autres moulins qui vous tournent dans la tête ?

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Collection JPH Azéma

– Tais-toi, Sancho ; à la guerre, plus qu’ailleurs, on ne peut jamais savoir comment les choses vont tourner. Pour moi, je pense, et c’est la vérité, que cet enchanteur Freston qui a emporté mon cabinet et mes livres, a transformé ces géants en moulins pour me ravir l’honneur de les avoir vaincus, si grande est la haine qu’il me porte. Mais au bout du compte, mon épée sera plus forte que tous ses maléfi ces.
– Dieu en décidera ! conclut Sancho ».

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Collection JPH Azéma

Les moulins à Foulons (en 1605)

Au chapitre XX du premier livre, don Quichotte se trouve confronté aux moulins foulons. Le titre en est « De l’aventure la plus extraordinaire qu’ait jamais accomplie aucun chevalier fameux, et dont le vaillant don Quichotte de la Manche se tira à bon compte ».
-« Monsieur, il doit y avoir près d’ici une source, ou un ruisseau, qui donne sa fraîcheur à toute cette herbe. Si nous poussons un peu plus loin, nous allons sûrement trouver de quoi apaiser cette soif terrible qui nous fait souffrir, et qui est encore pire que la faim.
Don quichotte jugea le conseil excellent. Il prit Rossinante par la bride, et Sancho son âne par le licol après lui avoir mis sur le dos les restes du souper et ils avancèrent dans la prairie à tâtons, car la nuit était si noire qu’on n’y voyait rien. Ils n’avaient pas fait deux cents pas qu’ils reconnurent un grand bruit d’eau, comme celui d’un torrent tombant du haut d’énormes rochers, ce dont ils se réjouirent beaucoup. Mais comme ils s’arrêtaient pour écouter de quel côté il leur parvenait, ils entendirent tout à coup un autre bruit, encore plus fort, qui vint gâter le plaisir, surtout pour Sancho qui était d’un naturel craintif et s’effrayait d’un rien : c’étaient des coups frappés en cadence, avec un grincement de chaînes et de fer qui, ajoutés au grondement furieux de l’eau, auraient jeté l’effroi dans tout autre coeur que celui de don Quichotte.
La nuit était, comme on l’a dit, obscure, et ils avaient pénétré sous de grands arbres, dont les feuilles agitées par une brise légère bruissaient de manière inquiétante. La solitude, le site, l’obscurité, le vacarme de l’eau, le murmure des feuillages, tout cela les remplit de stupeur et de crainte ; d’autant plus que les coups ne voulaient cesser, ni la brise s’apaiser, ni le jour se lever.
Ajoutez à cela qu’ils ne savaient toujours pas où ils se trouvaient. Mais don Quichotte, mû par un coeur intrépide, sauta de Rossinante, fi xa son bouclier à son bras, coucha sa lance et dit à son écuyer :
– Apprends, Sancho, que le ciel m’a fait naître dans cet âge de fer pour redonner vie à celui que l’on nomme l’âge d’or. C’est à moi que sont réservés les pires dangers, les plus grands exploits, les plus hauts faits d’armes. C’est à moi, entends- tu, de ressusciter les chevaliers de la Table Ronde, les douze Pairs de France, les neufs chevaliers de la Renommée : à moi de faire oublier les Bélianis, les Phébus, les Platirs, les Tablants, les Tirants, les Olivants, et toute la troupe des illustres chevaliers errants du temps passé, en accomplissant dans le nôtre des actions si nobles et glorieuses qu’elles obscurciront leurs plus célèbres prouesses. Remarque bien, fi dèle écuyer, les ténèbres de cette nuit, son silence effrayant, le sourd et sombre murmure de ces arbres, le terrible vacarme de cette eau que nous sommes venus chercher, qui semble se précipiter du haut des montagnes de la Lune, et ces coups incessants qui frappent et blessent nos oreilles (…). »

« Entre-temps, le jour s’était levé et l’on y voyait enfi n clair. Don Quichotte s’aperçut qu’il se trouvait sous de grands arbres ; c’étaient des châtaigniers, qui rendaient l’ombre encore plus épaisse. Mais il ne put découvrir la cause de ces coups que l’on entendait toujours (…). » « Sancho le suivait à pied, menant par le licol son âne, fi dèle compagnon de ses heurs et malheurs. Après avoir marché un moment entre ces sombres châtaigniers, ils débouchèrent dans une prairie, surplombée de rochers d’où se déversait une énorme chute d’eau. Au pied des rochers, on pouvait voir quelques cabanes grossièrement bâties, qui avaient plus l’air de ruines que de maisons ; c’était de là que provenaient ces coups épouvantables, qui n’avaient pas cessé.

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Moulin à Foulon – Source Wikipédia

Tant de vacarme effraya Rossinante ; mais don Quichotte tout en la calmant, s’approcha des cabanes, se recommandant à sa dame en la suppliant de soutenir dans cette diffi cile et redoutable  entreprise, et, chemin faisant, invoquant aussi l’aide de Dieu. Sancho, qui ne lâchait pas son maître, allongeait le cou tant qu’il pouvait pour regarder entre les jambes de Rossinante, espérant découvrir enfi n ce qui leur causait tant d’alarmes.
Ils n’avaient pas fait cent pas lorsque, au détour d’un rocher, apparut dans toute son évidence la cause, seule possible, de ce bruit épouvantable et pour eux terrifi ant, qui les avait tenus en émoi toute la nuit. C’étaient – j’ose espérer, ami lecteur, que tu ne me tiendras pas rigueur – six maillets d’un moulin foulon qui, en frappant alternativement, faisaient ce vacarme effrayant (…). »

« (…) Sancho, voyant qu’on appréciait peu ses plaisanteries et craignant que don Quichotte ne continuât les siennes, lui dit d’un ton humble : – Calmez-vous, monsieur, au nom du ciel ! Vous voyez bien que je plaisante.
– Eh bien, moi pas ! Venez un peu ici, monsieur le farceur : supposons que nous nous soyons trouvés devant la plus périlleuse des aventures et non devant de simples marteaux à foulon, croyez vous que je n’aurais pas eu le courage nécessaire pour l’entreprendre et la mener à bien ?
Pourquoi devrais-je, moi qui suis chevalier, savoir reconnaître tous les sons que j’entends, et distinguer s’ils viennent d’un moulin à foulon ou d’ailleurs ? Surtout si je n’en ai jamais vu, de ces moulins, comme c’est le cas, justement ; au contraire de toi, misérable paysan, né et élevé dans leur voisinage. Mais fais que ces six marteaux deviennent autant de géants, et amèneles-moi, l’un après l’autre, ou tous ensemble ; et si je ne les envoie pas tous rouler les quatre fers en l’air, alors tu pourras te moquer de moi autant qu’il te plaira (…). »

« (…) J’ignore si, dans ce siècle funeste où nous vivons, la chevalerie errante parviendra à s’imposer, et je ne voudrais pas que, pour si peu de chose, mon âme fut en peine dans l’autre monde. Car dans celui-ci apprends, Sancho, qu’il n’y a pas état plus dangereux que celui des chevaliers en quête d’aventures.

– Ça, c’est sûr ! La preuve, c’est que le simple bruit d’un moulin à foulon a pu inquiéter et troubler le coeur d’un chevalier errant aussi courageux que vous (…). »

L’épisode du moulin à foulon se poursuit ensuite au cours du chapitre suivant (XXI) qui traite de la grande aventure et riche conquête du heaume de Mambrin, ainsi que d’autres choses arrivées à notre invincible chevalier.

(…) En effet, si cette nuit le sort a fermé la porte à nos espérances en nous mystifi ant avec ces foulons, elle nous ouvre à présent à deux battants celle d’une aventure bien meilleure et plus incertaine ; et si je ne parviens pas à entrer par cette porte-là, ce sera uniquement de ma faute, sans que je puisse en accuser ma méconnaissance des moulins ou l’obscurité nocturne.
– Monsieur, répondit Sancho, prenez garde à ce que vous dites et encore plus à ce que vous faites ; je ne voudrais pas qu’on se retrouve avec d’autres foulons, qui risquent, cette fois, de nous fouler et de nous assommer pour de bon.
– Le diable t’emporte ! Qu’est-ce qu’un heaume a de commun avec des foulons ? (…) »
« (…) Puis ils mangèrent le reste des provisions prises sur les mules des prêtres et burent l’eau du torrent aux foulons, sans regarder une seule fois vers le moulin : ils avaient eu si peur qu’ils ne voulaient plus le voir ».

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Moulin bateau – Collection JPH Azéma.

Les moulins bateaux (en 1615)

L’épisode présenté au chapitre XXIX du tome 2 s’intitule, De la fameuse aventure de la barque enchantée et relate la confrontation de don Quichotte avec les moulins bateaux.

« Ainsi, lentement mais sûrement, don Quichotte et Sancho arrivèrent deux jours plus tard aux bords de l’Ebre. Don Quichotte put admirer à loisir la beauté de ses rivages, l’abondance de ses eaux cristallines et paisibles, et ce charmant spectacle eut pour effet d’éveiller en lui mille amoureuses pensées (…). Comme ils marchaient, don Quichotte aperçut une barque sans rames ni agrès, attachée au tronc d’un arbre qu’il y avait au bord de l’eau. Il regarda de tous côtés et, ne voyant personne, descendit aussitôt de cheval et dit à Sancho de descendre de son âne et d’attacher les deux bêtes bien solidement au tronc du peuplier, ou du saule, qui se trouvait là. Sancho lui demanda pourquoi il leur fallait soudain mettre pied à terre et attacher leurs montures.
– Sache, répondit son maître, que cette barque que tu vois là m’invite irrésistiblement à monter à bord pour aller au secours d’un chevalier ou d’une noble et digne personne, qui doit se trouver dans la plus grande détresse (…). Avant qu’il fasse nuit, attache ensemble ton âne et Rossinante et laissons-nous guider par la main de Dieu ; je suis résolu à m’embarquer et le ferai même si des carmes déchaux voulaient me l’interdire (…).
– Les bêtes sont attachées, monsieur, Qu’est-ce qu’il faut faire maintenant ?
– Ce qu’il faut faire ? Le signe de la croix et lever l’ancre ; je veux dire nous embarquer et couper l’amarre qui retient cette barque.
Aussitôt, il sauta dedans, suivi de son écuyer, et coupa la corde. La barque s’éloigna peu à peu de la rive, au grand effroi de Sancho, qui se mit à trembler dès qu’il se vit à six pieds du bord (…) ».
Sancho « se lava toute la main dans la rivière, tandis que la barque glissait tranquillement au fi l de l’eau, sans l’intervention d’une puissance occulte ni l’aide d’un enchanteur invisible, poussée par le courant qui était alors doux et paisible.
Sur ces entrefaites, ils découvrirent de grands moulins à eau, établis au milieu de la rivière.
– Vois, Sancho, s’écria aussitôt don Quichotte, la ville, le château ou la citadelle qui apparaît à nos yeux ! C’est là que se trouve le chevalier en détresse, ou bien la reine, l’infante, la princesse offensée à qui je suis venu rendre la liberté !
– De quels diables de ville, de château ou de citadelle parlez-vous, monsieur ? Vous ne voyez donc pas que ce qu’il y a au milieu de l’eau, ce sont des moulins, où les gens viennent moudre leur blé ?
– Tais-toi, Sancho ; ce ne sont pas des moulins à eau, même s’ils en ont l’air. Je t’ai déjà expliqué que les enchantements ont le pouvoir de tout transformer. Je ne dis pas qu’ils changent un être en un autre réellement, mais en apparence, comme l’expérience l’a prouvé avec la métamorphose de Dulcinée, uniquement refuge de toutes mes espérances.
La barque qui, entre temps, avait gagné le milieu de la rivière prit une allure plus rapide. Quand les meuniers virent arriver cette embarcation qui risquait de s’engouffrer dans le tourbillon des roues, nombre d’entre eux sortirent au plus vite avec des perches pour l’arrêter ; et comme leurs visages et leurs vêtements étaient blancs de farine, ils n’avaient pas très bon air.
– Malheureux, écartez-vous ! criaient-ils de toutes leurs forces. Qu’est-ce que vous faites ? Vous voulez vraiment mourir noyés, ou mis en pièces par ces roues ?
– Ne t’avais-je pas dit, Sancho, s’exclama alors don Quichotte, que l’heure était venue de prouver la force de mon bras ? Vois tous ces félons et malandrins qui se dressent contre moi ; tous ces monstres qui me barrent la route ; ces faces hideuses qui nous font des grimaces… attendez un peu, coquins, vous allez comprendre !
Et debout dans la barque, il se mit à menacer les meuniers, en criant :
– Canaille vile et perfi de ! Rendez immédiatement la liberté à la personne que vous retenez prisonnière dans votre forteresse, quels que soient sa qualité et son rang. Car je suis don Quichotte de la Manche, surnommé le chevalier aux Lions, et c’est moi qui, par ordre des cieux souverains, ai mission de mener à bien cette aventure.
Et sans plus attendre, il tira son épée et se mit à ferrailler en l’air contre les meuniers qui, ne comprenaient rien à toutes ces sottises, s’efforçaient de retenir avec leurs perches la barque que le courant entraînait déjà dans le remous. Sancho s’était mis à genoux et priait dévotement le ciel de le délivrer d’un péril si manifeste, ce qu’il fi t, grâce à l’adresse et à la célérité des meuniers qui réussirent à immobiliser la barque avec leurs longs bâtons, mais ne purent l’empêcher de verser, jetant don Quichotte et son écuyer dans l’eau. Heureusement pour notre chevalier, il savait nager comme un canard ; mais le poids de son armure l’envoya par deux fois par le fond ; et si les meuniers n’avaient pas sauté à l’eau pour les repêcher tous les deux, ils y seraient encore.
Quand on les eut déposés à terre, plus mouillés qu’assoiffés, Sancho tomba à genoux et, les mains jointes, les yeux au ciel, adressa à Dieu une longue et fervente prière pour qu’il le préservât désormais des entreprises de son maître. Là-dessus arrivèrent les pêcheurs à qui appartenait la barque. Quand ils virent qu’elle avait été mise en pièce par les roues du moulin, ils se jetèrent sur Sancho pour lui prendre ses vêtements et exigèrent de don Quichotte qu’il les payât. Celui-ci, sans se départir de son calme, et comme s’il ne lui était rien arrivé, dit aux meuniers et aux pêcheurs qu’il paierait volontiers la barque, à condition que l’on remît en liberté la ou les personnes qui étaient enfermées dans leur château.
– Où est-ce que vous avez vu un château, et qui sont ces personnes dont vous parlez, espèce de fou ? répondit l’un des meuniers. Vous venez peut-être enlever les gens qui viennent de moudre leur blé ? (…). »
Les pêcheurs et les meuniers considéraient avec le plus grand étonnement ces deux personnages insolites, ne comprenant toujours rien aux propos que leur tenait don Quichotte et, persuadés qu’ils avaient affaire à des fous, ils s’en retournèrent, les meuniers dans leurs moulins, les pêcheurs dans leurs cabanes. Quant à don Quichotte et à Sancho, ils allèrent tout tristement retrouver leurs bêtes. Ainsi s’acheva l’aventure de la barque enchantée.

Jean-Pierre Henri AZEMA – Article paru dans le Monde des Moulins – N°29 – juillet 2009

Catégories : Histoire

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