Le site des Moulins de France
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Ce voyage a fait découvrir à ses participants venus tout naturellement du voisinage mais aussi des Pyrénées, de Savoie, d’Ile-de-France et de Picardie, un échantillonnage particulièrement intéressant des moulins de cette belle région chargée d’histoire: moulins animés par une ou deux roues par dessous, une roue horizontale ou une turbine, moulins à blé, à huile, à papier ou filature.

Une grande partie des participants a été logée au pittoresque village de vacances du Moulin Haut à St-Cernin de Reilhac. La soirée du vendredi a simplement été occupée par la réunion- les retrouvailles pour beaucoup d’entre nous- autour du dîner servi à “la Renaissance” de Rouffignac.

Le samedi fut consacré à la visite du Moulin de Salles, du Conservatoire des Techniques et Traditions Meunières et Boulangères et de la Filature de Beyssac.

Le Moulin de Salles, situé sur la Dronne à Tocane-St-Apre, est un moulin à céréales et à huile constitué d’un bâtiment de deux niveaux, en pierre, abritant au rez-de-chaussée quatre paires de meules pour le blé et une meule verticale, un chauffoir et une presse pour l’huile. Chose rare, la presse n’est pas mise en pression manuellement comme c’est généralement le cas mais entraînée par un arbre métallique connecté par l’intermédiaire d’un jeu d’engrenages sur l’un des rouets. De part et d’autre de ce bâtiment, deux constructions de bois abritent, pour l’une: une roue refaite récemment et un atelier et pour l’autre: seulement une roue dont la réfection est commencée. Le moulin a cessé son activité en 1962 et fut acheté en 1975 par Mr Bérardi qui lui redonne vie.

Alain Mazeau, meunier et patron de la Minoterie de la Pause toute proche, nous accueillit ensuite dans le Conservatoire des Techniques et Traditions Meunières et Boulangères qu’il a fondé et qui rassemble un nombre impressionnant d’outils, certains remontant au Néolithique, et de machines, certaines assez récentes. Concernant la réduction du grain en farine notre guide nous promena dans le temps et la technique depuis les meules composées de deux pierres qu’on frotte jusqu’à l’appareil de laboratoire composé d’un petit appareil à cylindres et d’un miniplanchister. Entre ces deux extrêmes, on trouve des paires de meules, divers appareils à cylindres, un four mobile, une boulangerie reconstituée, une grande salle meublée comme il y a quelques dizaines d’années avec sa vaste cheminée et sa grande table autour de laquelle prenaient place les ouvriers de la minoterie, un laboratoire reconstitué et bien d’autres choses encore.

La Filature de Beyssac, située tout près des Eyzies, sur la Petite Beune, a arrêté son activité vers 1980. Elle était animée par une turbine Francis qui sert maintenant à la production d’électricité domestique. Le bâtiment est de construction plutôt fruste. Les visiteurs y pénètrent par groupes de huit seulement car, nous explique le maître des lieux, le plancher n’est pas solide. L’intérieur sombre donne au visiteur un sentiment d’oppression. Sentiment renforcé par la présence de panneaux fixés aux murs: “défense de fumer”,ce qui semble raisonnable, mais aussi: “le bavardage nuit à la qualité du travail”, “une place pour chaque chose, chaque chose à sa place”,etc.. Tout ceci semble excessif pour un effectif de deux ouvriers qui ne devaient donc pas souvent travailler dans la bonne humeur. Toutes les machines, cardeuses et fileuses, sont encore en place, en état de fonctionner et nous en voyons fonctionner une. Le grand intérêt de cette visite est de constater qu’une filature n’était pas forcément une grande usine telle la Filature Valois de Rouen et que des petites unités performantes ont aussi existé et ont trouvé place dans l’industrie locale.

Le dimanche fut consacré à la visite des moulins du Milieu, des Guillandoux et de la Rouzique ainsi que du village du Bournat.

Le Moulin du Milieu, enjambe un ruisseau, le Drayaux, à Sauveboeuf, près de Lalinde, et est dominé par les ruines du château. Primitivement, ce moulin appartenait au seigneur du château ainsi que le Moulin du Haut, en amont, et le Moulin du Bas, en aval. Seul, le Moulin du Milieu a été restauré avec beaucoup de compétence et de tendresse (je pense que le mot convient) par Charles Girardeau, Président de l’Association Périgordine des Amis des Moulins.
C’est un moulin à blé à une roue horizontale métallique et une paire de meules. Une ouverture, placée astucieusement sur le côté de l’archère permet de voir la roue horizontale, appelée ici “le rouet”, qui reste invisible habituellement. La disposition
des lieux indique que, primitivement, il y avait deux roues et deux paires de meules. Le bâtiment, de dimensions modestes, construit en pierres brutes avec l’utilisation de pierres de taille pour les angles de murs et les encadrements des portes et fenêtres abrite la chambre des meules et l’habitation du meunier . Le bief d’amenée et le déversoir sont en appareillage composé, pierres brutes et pierres de taille. Entre le bief d’amenée qui arrive en façade Ouest et le canal de fuite qui sort en
façade Est, on observe une différence de niveau d’environ trois mètres.

Deux moulins à papier sont proches voisins à Couze-St-Front qui a compté jusqu’à une période récente une douzaine de moulins ayant exercé cette activité. Tous deux sont alimentés par la Couze qui se jette un peu plus loin dans la Dordogne.

Le Moulin des Guillandoux est bien restauré extérieurement et on peut y voir, à l’intérieur, la roue qui animait jadis les maillets des machines à papier. Les dimensions de cette roue sont d’environ 5 mètres pour le diamètre et 0,50 mètre pour la largeur. L’armature en est en chêne et les pales en aulne.

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Moulin de Salles – photo Pierre Mary

Le Moulin de la Rouzique est en cours de restauration par l’Association “Sauvegarde des Anciennes Papeteries et Patrimoine Archéologique de Couze” (SAPPAC) et c’est l’un des membres de cette association qui guide la visite. Au rez-de-chaussée, on peut voir une roue identique à celle du moulin voisin ainsi que la maquette de la machine à maillets où le papier était fabriqué. Le guide explique aussi l’évolution de la technique avec la description du fonctionnement d’une cuve hollandaise et d’une machine de fabrication en continu en cours de restauration. Il nous fait aussi une démonstration de fabrication manuelle et en profite pour nous parler de l’évolution des tamis utilisés pour sortir la pâte de la cuve, de l’obtention des filigranes, de la signification des appellations “vergé” et “vélin” pour le papier, “raisin” et “jésus” pour les formats, etc… L’étage où les feuilles étaient mises à sécher est occupé en grande partie par une exposition: incunables, impressions de luxe, matrices en taille
douce, filigranes…Le tout présenté avec clarté et de façon agréable.

Le village du Bournat, à Bugue, a été construit récemment sur le modèle d’un village typique du début du XXe siècle. Il est très pittoresque, rassemblant un grand nombre de bâtiments divers: ferme avec dépendances, boulangerie, moulin à huile, chapelle, café, restaurant, ateliers d’artisans forgeron, potier, tourneur sur bois, etc…La construction est soignée et les intérieurs très bien reconstitués. L’ambiance y est donnée grâce à la présence de nombreux outils et ustensiles. On note la présence, dans la ferme, de manèges à chevaux qui animaient des batteuses. On y voit également une trépigneuse qui est une sorte de tapis roulant sur lequel évoluait un cheval. Ce tapis roulant entraînait, lui aussi, une batteuse.

C’est au Bournat que les participants au voyage se séparent, les yeux et l’esprit remplis d’images intéressantes, pittoresques.
Ils ont été nombreux: un noyau constant d’une cinquantaine dans le car plus un groupe fluctuant, qui venait des environs et suivait en voitures. En pointe, l’effectif fut de quatre-vingt quatre!
Ceux qui ont voyagé en car avaient la chance d’entendre les commentaires de Charles Girardeau qui tenait à faire partager sa connaissance et son amour du pays. Grand merci à lui. On serait incomplet si on ne recommandait pas les restaurants “Le Donzac” à St- Sulpice-de-Roumagnac et surtout “La Laugerie Basse” aux Eyzies.
Enfin, on manquerait de la plus élémentaire reconnaissance si on ne saluait pas le travail de Dominique, Solange et Charles qui ont organisé ce voyage. Merci à eux.

Article paru dans le Monde des Moulins – N°3 – janvier 2003


2 commentaires

LE DREAU · 7 septembre 2022 à 18 h 06 min

Passionné par tout les moulin à eau à tan et papier .

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