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La Fédération sur les pas de Webster ? Voyage d’études dans les Flandres, en Avesnois et Cambrésie (11, 12, 13, 14 octobre 2012)

Le département du Nord est un des départements français qui a sûrement fait tourner le plus grand nombre d’ailes et de roues. Et c’est sûrement dans cette région de France que l’on trouvait les moulins à vent les plus spectaculaires, qui témoignent, par la diversité de leur architecture et de leurs usages, d’un échange bien marqué des technologies transfrontalières : moulins en briques, en bois, en pierre, à galerie, moulin pivot, moulin tour. La statistique de 1809 indique que le département du Nord comptait alors 1285 moulins, dont 831 moulins à vent. Certaines communes ont eu
jusqu’à 10 moulins à vent.
Comme partout, ces outils ont subi l’abandon, la destruction ; les moulins à vent, plus fragiles, furent victimes des affrontements, en particulier durant les deux guerres mondiales. Un américain, Herman Amour Webster, né en 1878 à New-York, entre en 1904 à l’école des Beaux-Arts de Paris. Il y étudie la peinture et la gravure. Engagé volontaire dans l’armée française en 1914, il est attiré, dès 1915, par quelques magnifi ques moulins à vent des plaines du Nord. Dans le journal l’Illustration, numéro 4425 du 24 décembre 1927, il publie une série d’aquarelles représentant quelques beaux spécimens de moulins de Flandre et développe, sous la plume de François Monod, l’urgence qu’il y a à sauvegarder ce patrimoine unique.
En septembre 1928, Webster donne l’impulsion initiale pour la création de la Société des Amis des Vieux Moulins. L’objet de l’association était de « protéger les moulins à vent de France dans un intérêt pittoresque, historique, technique et touristique ».
Cette association nationale est donc la première association de sauvegarde concernant le patrimoine industriel. Une autre association vit le jour en octobre 1931, le Comité de Défense des Moulins à Vent de Flandre et d’Artois.


Dans les années 1973, une association régionale fut créée et une série de réhabilitations est engagée sous l’impulsion de Jean Bruggeman, employé de la ville de Villeneuve d’Ascq.
Rien d’étonnant si le département du Nord offre aujourd’hui autant de moulins à la vue. Tout au long de notre voyage, nous avons tous été unanimes à reconnaître que le travail de restauration est exemplaire des deux côtés de la frontière.

L’organisation du voyage avait été confi ée à l’association « PROSCITEC Patrimoines et Mémoires des Métiers », présidée par Luiggi Cicéro ( www.proscitec.asso.fr) et dont l’objectif est de conserver, préserver et valoriser le patrimoine industriel et la mémoire des métiers dans le Nord Pas-de-Calais. Chaque jour, nous étions accompagnés par un membre de l’association qui nous donnait des informations sur les territoires traversés.
La première partie du voyage fut l’occasion de faire une escapade en Flandre belge, avec la participation de quelques membres du conseil d’administration de la Fédération des Moulins en Flandre (Molenforum Vlaanderen), dont Jozef Van Waeyenberge du moulin à vent de Hertboom, du musée et de la brasserie attenante (www. hertboommolenmuseum. be), Kris Goris (meunier bénévole au moulin à vent de Hertboom à Roosdaal et membre du centre de formation des meuniers (Koepel Molens Vlaams-Brabant fv), Frank de Craeke, membre du Groupe de travail pour les moulins en Flandre occidentale (Werkgroep West-Vlaamse Molens vzw), un des fondateurs de la Fédération des Moulins en Flandre (www.molenforumvlaanderen.be). Rappelons que nos amis flamands inscrivent, depuis trois ans, leur journée annuelle des moulins dans le Mai Européen des Moulins.

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Le moulin de Briekenolen. Cliché Bonneteau

Wervick, du musée du tabac au moulin Briekenmolen
D’après la tradition, le moulin Briekenmolen (moulin-tour en briques avec galerie) fut construit en 1783.
Ce moulin, classé Monument Historique en 1947, fut acheté en 1979 par la ville de Wervik. Il est restauré depuis 1994. On y trouve deux couples de meules à huile, trois couples de meules à farine et un lamineur d’avoine, ainsi qu’un briseur de lin, une pierre à aiguiser, une petite batteuse et un écangueur. Il est à noter que les deux couples de meules sont placées verticalement. D’après certaines sources, ces meules ont aussi été employées pour réduire en poudre les feuilles de tabac. C’était au temps où le tabac à priser jouissait encore de beaucoup d’indulgence. Dans les annexes du moulin est actuellement situé le Musée du Tabac que nous avons visité, guidés par une personne très agréable et très compétente.

Les ailes du moulin de Comines-Warneton, en région Wallone, tournaient à l’occasion de notre passage
Passage surprise au moulin de Soete, un très beau moulin pivot, où nous avons pris quelques photos et remercié le Président du Comité, André de Campenaere, qui était venu spécialement pour nous, pour faire tourner les ailes du moulin lors de notre passage. Ce moulin fonctionne et produit de la farine. Un site à visiter absolument. Il représente un des derniers moulins de type « pivot » de la province de Hainaut. Il compte trois étages, deux cambuses, deux paires de meules, un blutoir et un concasseur d’avoine. Il est très représentatif de ce qui se faisait dans le genre. Fier de ses quinze mètres de hauteur environ et d’une envergure de quelques vingt cinq mètres, il présente à sa base l’assise en bois, qui est posée sur quatre dés maçonnés. L’ensemble est protégé par une remise : c’est la cahute, composée de quatre murs de briques supportant une toiture de bardeaux posée obliquement.

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Le Moulin de Soéte

Le Moulin Hertboom à Roosdaal, province du Brabant flamand
Situé à Onze-Lieve-Vrouw-Lombeek, communauté de communes de Roosdaal, le moulin Hertboom est un moulin à pivot en bois qui produit de la farine, il fait partie intégrante d’une ferme située à une altitude de 85 mètres. En 1944, le moulin obtient la protection, comme monument, par la «Koninklijke Commissie voor Monumenten en Landschappen », la Commission Royale
pour les Monuments et les Sites. En 1999, Jozef Van Waeyenberge achète le moulin et suit un cours de meunier, organisé par Levende Molens vzw (Moulins Vivants). Une restauration en détail est alors lancée, après qu’aient été faites des études minutieuses sur l’origine de ce monument, qui daterait du début du XVIIIe siècle.
En 2001, le moulin est démantelé, chaque pièce fait l’objet d’un inventaire avec poinçonnage, description, photographies et vidéo. Les pièces détachées du moulin sont transportées jusqu’à l’atelier de Roland Wieme, les éléments réutilisables du moulin sont réparés, d’autres sont recréés. Puis on procèda à la reconstruction des fondations, à la restauration des dés et au remontage du moulin, pièce par pièce. Le 1er décembre 2002, le moulin est inauguré. Attenant au moulin, le musée et sa bibliothèque réservent quelques merveilles, avec collection de meules, de maquettes, de moulins à main et d’ouvrages rares. En 2003, le moulin a reçu le « Prix du Patrimoine culturel de l’Union Européenne - Concours Europa Nostra ». 

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Plaque commémorative. Prix Europa Nostra

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Moulin Hertboom à Roosdaal (Belgique)

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Vue aérienne du moulin Hertboom dans la ferme. cliché Goris

Moulin Deschodt et exposition Joseph Dezitter à la Médiathèque à Wormhout
Wormhout a bien compté jusqu’à dix moulins à vent d’après la statistique de 1809, mais le plan cadastral de 1806 indique l’existence de onze moulins à vent. Aujourd’hui il en reste un, le moulin Deschodt, moulin en bois sur pivot et à deux étages. Pour nous, un des plus beaux moulins du Nord, dans la catégorie des moulins pivots, avec une envergure des ailes de 24 mètres, un poids estimé à 80 tonnes, équipé de deux paires de meules, l’une pour la farine, l’autre pour les céréales secondaires, et d’une bluterie.
C’est au lieu-dit «Le Riècle» qu’Ignace Coudeville fi t bâtir, en 1756, le moulin de la Briarde, dit maintenant moulin Deschodt. L’imposte porte l’inscription suivante : «Gemakt Door Ingelbertus Martynus ende Philippus Francois de Smyttere 1756», noms des deux charpentiers, Ingelbertus Martin De Smyttere et Philippe François De Smyttere. Le notaire Michel Elleboode «consomma» l’acte d’accord entre les intéressés le 8 janvier 1756 (archives de Cassel).

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Extérieur du moulin Deschodt

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Intérieur du moulin Deschodt

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Exposition de peinture à la médiathèque. Accueil par René Kerckhove, maire, accompagné de Monsieur M. André Deram (Président de l’offi ce municipal de tourisme de Wormhout)

En 1891, le pivot, attaqué par une maladie du bois, se brisa sous l’action d’un vent violent. Il devait être remplacé l’année suivante pour la somme de 8 090 F. À cette occasion, l’édifi ce fut déplacé de 200 mètres, le rapprochant de la ferme.
Déplacé et restauré, il devint la propriété de Deschamps De Pas Joseph, puis celle des Frères meuniers Beyaert. Ceux-ci ayant trouvé la mort au champ d’honneur, le moulin resta abandonné jusqu’à sa reprise en 1921 par Monsieur Abel Deschodt.
Abel Deschodt restaura « La Briarde ». La bluterie date de 1926. Un moteur à huile lourde servait d’appoint au vent avant 1939 ; il fut remplacé durant la guerre par une ancienne locomobile à vapeur et depuis la Libération, par un moteur électrique de 25 CV, entraînant l’une des deux meules, ainsi que divers équipements.
Monsieur Deschodt décéda le 4 décembre 1967, un an après qu’il eut donné son moulin à la commune de Wormhout.
La fabrication de la farine cessa vers 1963. Malgré des ailes inutilisables, le moulin resta en activité, grâce au moteur qui actionnait la meule à mouture des céréales secondaires, sous la direction de Monsieur Maurice Deschodt, fi ls du précédent meunier. De 1977 à 1983, avec l’Association Régionale, la municipalité wormhoutoise entreprit d’importants travaux de remise en état. Les années passant, de nouveaux travaux ont été programmés en l’an 2000 concernant les ailes, le bardage et le changement des voiles. Des travaux de rénovation sont encore à prévoir.
Un grand merci à nos aimables guides, Messieurs Becuwe (vice-président de l’Offi ce de Tourisme et guide) et Béguin.
Il y a toujours une surprise dans nos voyages… Invités par Monsieur René Kerckhove, Maire de Wormhout, nous avons eu l’opportunité, pour la plupart d’entres-nous, de découvrir une partie des oeuvres de Joseph Dezitter, artiste fl amand, historien et conférencier, dessinateur à la plume, aquarelliste, graveur sur bois pour illustrer ses livres (dont « Nos derniers Moulins en 1938 »), à travers une exposition : « Joseph Dezitter et le bois sous toutes ses formes ». 

Terdeghem, accueil plein d’émotion au Steenmeulen par la famille Markey et son équipe
Faisant partie de la Communauté de Communes du Pays des Géants, Terdeghem compte aujourd’hui deux moulins dont un à pivot et en bois (le moulin de la Roome). Le Steenmeulen, ou moulin de Saint-Arnoult, ainsi que le musée attenant, appartiennent à la famille Markey. Ce moulintour, construit en 1864 à l’emplacement du moulin-pivot renversé par une tempête, a rempli deux fonctions : production d’huile et mouture de céréales. Aujourd’hui, il produit de la farine, grâce à l’une de ses trois paires de meules. 

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Merci à Monsieur et Madame Markey et à toute leur équipe pour leur accueil. Cliché J.louis Zerr

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Accueil par le maître des lieux, Joseph Markey. Cliché F. Bonneteau

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Les meuniers franco-belges, de droite à gauche, Alain Mazeau, minotier de la Pauze à Saint Méard de Dronne en Dordogne et Joseph Markey du Steenmeulen à Therdeghen dans le Nord. Cliché
F. Bonneteau 

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Intérieur du Steenmeulen. Cliché J.louis Zerr

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Table d’orientation installée devant le moulin avec mise en évidence des différents moulins d’alentour que l’on peut apercevoir depuis le site du Steenmeulen . Cliché F. Bonneteau

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Moulin de Cassel

Cassel, les uns au moulin de Cassel, les autres au Musée des Flandres…
Surplombant la Flandre, le moulin de Cassel (le Casteelmeulen), un moulin pivot en bois, est un témoin vivant du  patrimoine d’antan. En 1809, on dénombre sept moulins à vent. Le moulin que nous avons visité fut un des premiers moulins ouverts au public en 1949.
Été comme hiver, on y accueille des visiteurs et l’on y produit toujours de la farine.
L’étage des meules compte deux paires de meules, l’une fonctionne au vent, l’autre au moteur électrique. À l’étage suivant, la farine est tamisée et ensachée. Dans la cavette, un tordoir, avec sa batterie de pilons pour extraire l’huile de lin.
Chacun a pu repérer la statue du général Foch, érigée dans le jardin alentour en 1928, admirer la vue superbe sur la plaine et le Mont Cassel, puis redescendre au village avec une poche de farine.
Merci à Monsieur Eric Haeuw, directeur de l’Offi ce de Tourisme et à toute son équipe pour leur accueil et l’organisation de notre séjour à Cassel.

Musée de Flandre à Cassel
Le musée départemental de Flandre a ouvert ses portes le 23 octobre 2010. Propriété du département, installé dans l’Hôtel de la Noble- Cour, ce bâtiment exceptionnel, classé au titre des Monuments Historiques en 1910, fl euron de l’architecture civile fl amande du XVIe siècle, représente aujourd’hui un véritable écrin pour les collections du musée départemental de Flandre.

Un tour dans l’Avesnois avec un arrêt à Felleries
Felleries est une commune du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, où nous avons pu visiter le Musée-Moulin des Bois Jolis, installé dans un ancien moulin à eau, dont l’existence est attestée dès 1466 et qui produit encore de la farine. Unique exemple d’ « usine à deux tournants » (chacun actionné par une roue de trois mètres de diamètre), il abrite les témoignages d’un artisanat estimé en Avesnois : la boissellerie ou tournage sur bois. Visite de l’exposition sur le bois (objets domestiques ou liés à la vie rurale et industrielle, jeux traditionnels, issus des essences d’arbres de la
forêt qui entoure Felleries, outils de travail et documents photographiques de 1880-1900), visite du moulin et démonstration de tournage sur bois.

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Musée moulin, de Bois fl euris. Extérieur. Cliché J. Louis Zerr

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Sous le parapluie et extérieur du moulin : Il pleuvait beaucoup, mais comme tous les gens du Nord, nos participants avaient le soleil dans leur coeur….Cliché J. Louis Zerr

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Brasserie de Cateau. Cliché F. Bonneteau


Brasserie historique de l’abbaye du Cateau / LE CATEAU-CAMBRÉSIS
La brasserie est un bel exemple des brasseries industrielles du Nord. En 1995, l’association « Les Amis du Catésis », en partenariat avec la ville du Cateau-Cambrésis et les proprié taires de l’époque, ouvre le moulin au public à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, en se donnant pour objectif de sauver le bâtiment et la mémoire d’une activité longtemps et largement répandue dans le Cambrésis : la fabrication de la bière.
Ils oeuvrent également à la protection du site en obtenant en mars 2000 le classement du bâtiment aux Monuments Historiques.
Jean-Luc Butez, passionné par le monde brassicole, rachète la brasserie avec un associé. Tout est refait ou presque : charpentes, toitures, verrière, mise aux normes électriques, sablage des murs et de la cheminée, installation d’une chaîne de production... S’ajoutent les installations brassicoles, les cuves en inox, les cuves de brassage en cuivre, le matériel et les cuves de fermentation et de garde, la malterie. Aujourd’hui, un restaurant et une salle de séminaire sont ouverts au public.

Briastre et son unique moulin : le moulin Lamour
Situé sur les berges de la rivière la Selle, dépourvu de ses artifi ces hydrauliques, le moulin Lamour compte encore quelques éléments. Il revit, grâce à deux artistes, qui en ont fait le siège d’ateliers artistiques, ouverts aux enfants comme aux adultes. Nous avons été accueillis par Marie-Anne Belleval, diplômée de l’école des Beaux-Arts de Cambrai, diplômée éducatrice spécialisée, agréée par l’Éducation Nationale, agréée formation continue, et Ludovic Belleval, diplômé des Beaux-Arts de Cambrai, licencié en Arts Plastiques de l’Université de Valenciennes, diplômé éducateur spécialisé et agréé par l’Éducation Nationale.
Un site assez étonnant, avec ses collections d’objets de la vie d’antan, son estaminet, son piano mécanique du début du XXe siècle, et les sculptures de Ludovic. Ce n’est pas sans émotion que les participants ont découvert les scènes de vie fossilisées, empreintes humaines fi gées moulées dans le sable, produites selon des moyens d’expression originaux et personnels.

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Mme Belleval en visite. Cliché F. Boneteau

Moulin Blanc à Saint -Amand-les-Eaux seul moulin à vent de son type dans tout le nord
Il fut construit en 1802 par un fabricant d’huile. Le corps du bâtiment tout en briques, posé sur un soubassement en grès, offre de belles dimensions : diamètre 8,50 m au rez-de-chaussée, une galerie large de 2,50 m, avec un plafond voûté haut de 6 m. Au début du XIXe, de nombreuses huileries étaient en activité à Saint-Amand-les-Eaux. On fabriquait diverses sortes d’huiles. De l’oeillette et des graines de colza, on pressait une excellente huile de table. Avec les graines de lin, on faisait une huile pour peinture. On pressait également le chènevis et le chanvre.

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Extérieur moulin blanc. Cliché F. Boneteau

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Intérieur du Moulin Blanc. Cliché F. Boneteau

En 1918, la machine à vapeur qui aidait les jours sans vent fut démontée, puis vint le tour des ailes qui furent remplacées par un moteur au gazogène. Vers 1925, les trois paires de meules furent remplacées par des cylindres, et le gazogène par un moteur électrique. Le dernier meunier cessa son activité en 1952.
En 1982, la Municipalité de Saint-Amand s’est portée acquéreur du moulin, dont il ne restait plus que la tour centrale vide. La remise en état démarrera en 1987, et les travaux se termineront en 1995 par la pose des ailes le 1er juin. Le Moulin Blanc est inscrit à l’Inventaire des Monuments Naturels et des Sites le 25 février 1988.

Un moulin unique : le moulin de Vertain à Templeuve
Ce moulin tour en brique, qui daterait du XVe siècle, nous cache bien des surprises. Il s’est arrêté de produire en 1908 et a subi de nombreuses dégradations durant la guerre 1914-1918. Techniquement, le moulin fait partie des outils rares, car restant le seul subsistant de ce type dans le monde. Contrairement aux moulins tour que nous avons l’habitude de rencontrer, où seul
le toit tourne, les meules restant fi xes à l’étage inférieur, au moulin Vertain, le toit est solidaire d’un corps de charpenterie cylindrique s’encastrant à l’intérieur de la tour maçonnée, s’appuyant sur un pivot tournant sur une crapaudine placée au centre de la construction. Le mécanisme et la toiture sont simplement maintenus au second étage par un chemin de roulement composé de quinze éléments. L’ensemble en bois (mécanisme, toiture, planchers, escaliers) pivote lorsqu’ on oriente les ailes : c’est avec ses 10,20 m de hauteur, son diamètre intérieur de 5,10 m, l’épaisseur de ses murs de 1,25 m à la base et de 1,12 m au sommet, que ce beau moulin, animé par une équipe dynamique, présente de belles ailes (24 m d’envergure), deux paires de meules, un grand rouet de 2,90 m de diamètre et son petit rouet de 2 mètres de diamètre. Chêne, orme, iroko et bardeaux de châtaignier composent toute la menuiserie de ce monument classé aux Monuments Historiques en 1978.

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Ecorché du moulin de Templeuve. Extrait de la monographie “Moulin de Templeuve”

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Le moulin de Vertain à Templeuve

Article paru dans le Monde des Moulins - N°43 - janvier 2013