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Congrès de la FDMF en Ile-de-France (13, 14 et 15 avril 2007)

Pour les personnes arrivées assez tôt le vendredi, le congrès a débuté par un petit tour à Noisiel. Elles ont pu découvrir depuis la promenade aménagée le long de la Marne le site de l’ancienne usine Menier, actuel siège social de Nestlé. Le bâtiment le plus remarquable y est le moulin Saulnier, superbe construction en pans métalliques remplis en briques de couleurs aux décors rappelant sa fonction : monogramme de Menier, fleurs et fruits de cacaoyer.
Le soir, deux conférences ont eu lieu. D’abord, Jacques Beauvois nous a préparé à la visite de la Ferté grâce à de nombreux documents anciens. Ensuite, la société AZ-Technologie nous a présenté les turbines qu’elle est en train de développer, une pico-turbine (0,3 Kw) plutôt pour les pays en voie de développement, et une plus importante (10 à 30 Kw) pour les pays développés.

Le but principal de la Ferté-sous-Jouarre était évidemment le musée de la pierre meulière. Fondé par Jacques Beauvois dans une ancienne maison de meulier, les collections ont été récemment rachetées par la ville. La visite commence par les meules exposées à l’entrée du musée et dans le jardin. La maison permet d’abord de découvrir la salle commune typique de la Brie, plusieurs pièces sur la boulangerie, les moulins, les anciens métiers, mais aussi principalement l’industrie meulière.
On y découvre les nombreux outils, souvent impressionnants mais aussi toute une collection de petites meules de diverses époques. La visite a été aimablement conclue par une dégustation de champagne de sureau.
Nous avons pu aussi découvrir quelques sites sur les bords de Marne avec Mme Spiteri du service patrimoine de la commune : deux maisons de patrons meuliers, le quai aux meules au mur formé de meules monolithes, et aussi le site des ateliers Dupetit Orsel, dernier site de fabrication de meules en France. Le devenir de ce site ne peut que nous préoccuper : sur un secteur du site se trouve un supermarché, et sur le reste, une partie des stalles de travail a été démolie il y a deux ans. Il est encore temps de sauver ce site, mais il faut faire vite !

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Les deux groupes - photo J. Beauvois.

Le moulin de Couargis à Verdelot est propriété de Mr Bourgeois, qui gère avec ses fils la minoterie moderne de Verdelot. Un peu à l’écart du village, c’est une petite minoterie typique du début du XXème siècle, avec une installation cohérente réalisée avec des matériels Bülher. Elle est restée dans son état d’origine car elle s’est arrêtée peu avant la seconde guerre mondiale. Le moulin a cependant continué à fonctionner jusqu’en 1974 pour produire de l’électricité. En cours de restauration, l’imposante roue Sagebien a été achevée seulement une semaine avant notre arrivée. Le tamisage des produits est fait essentiellement par des bluteries et aussi par un petit plansichter assez rare. Les spécialistes ont aussi remarqué un très ancien filtre tout à fait atypique, de construction américaine.

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Jacques Beauvois - photo M. Sicard.


Mr Bourgeois a par ailleurs pu sauver un ancien pressoir à cidre du village qui risquait la démolition. Remonté dans la prairie face au moulin, il a impressionné de nombreux participants, qui ne connaissaient souvent pas ce type. Une cage d’écureuil de 4 mètres de diamètre où marche un homme, entraîne des engrenages qui abaissent la poutre qui presse la pulpe de pomme. Le tour à pomme a été remonté à côté.

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Moulin de Choiseau - photo S. Mary.

Après le déjeuner à Doue, petit village renommé pour son église perchée sur une butte à l’écart du village, nous avons découvert le moulin du Gué Plat à Pommeuse, sous le viaduc SNCF. Moulin à farine équipé au XIXème siècle de deux roues, l’une pour les trois paires de meules, la seconde pour les bluteries, il s’est arrêté en 1891, avant d’être reconverti en laiterie. Restauré après des années d’abandon, il a retrouvé une roue Sagebien de 5m40 de diamètre récupérée lors de la modernisation de la grande minoterie de Verdelot. Elle n’entraîne plus de meules, mais produit de l’électricité quand il y a suffisamment d’eau, ce qui est de plus en plus souvent délicat. On y voit aussi plusieurs meules (dont une avec un beau rayonnage Paradis) et des anciens moulins de ferme. L’accueil a été très chaleureux avec dégustation de Brie et présentation de cartes anciennes, train miniature à vapeur et pour les amateurs de mécanique, un camion Bernard de 1945.

Le moulin à vent du Sempin à Montfermeil succède au moulin d’origine qui a dû être démonté et reconstruit à 140 mètres de là : il était construit sur d’anciennes carrières de gypse qui s’effondraient. La première pierre a été posée en 1986 et il a été inauguré en 1988. Après la mise en fonctionnement du mécanisme, la correction de défauts aux toits, une maison du meunier a complété le site en 2002. Le moulin est équipé de deux paires de meules : une sous le toit en état de moudre et une, plus petite, à l’étage inférieur présentée ouverte. Pour plus de facilité, le système Berton a été choisi pour les ailes d’une envergure de 23m20. Pas de vent malheureusement pour notre visite. La maison du meunier abrite une nombreuse documentation sur les moulins et de nombreux petits moulins de toutes sortes. Le moulin et la maison sont gérés par une association dynamique. 

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Moulin de Sempin - photo S. Mary.

Le samedi soir, les animations ont débuté par un film sur la fabrication d’huile de noix au moulin de la Chaume à Saint- Germain-de-Montbron. Puis deux conférences : d’abord Stéphane Mary qui parla de Schweitzer, constructeur de meules métalliques de 1885 à 1914, puis Jean- Pierre Azema qui présenta son livre “Meules et Gastronomie”.

Le dimanche matin, les congressistes qui ne participaient pas à l’assemblée générale ont été visiter le charmant moulin de Choiseau à Cély-en-Bière. Non loin de la forêt de Fontainebleau, ce moulin est intégré à une ferme : granges, maison du meunier prolongée par le moulin, et même le lavoir, ont été heureusement sauvegardés par les propriétaires actuels alors que le pire était à craindre. Mr Thiébaut étant Architecte des Bâtiments de France, la
qualité des travaux est irréprochable. Le mécanisme est ici très simple et ne possède qu’une paire de meules.

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Roue du moulin de Gué Plat de Pommeuse - photo M. Lajoie-Mazenc.

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Pressoir à cage d’écureuil, Verdelot - photo M. Sicard.


Les congressistes ont apprécié le pain à la farine de meules offert par la Mairie de la Ferté Sous Jouarre et formulent leurs plus chaleureux remerciements pour cette aimable attention.

Stéphane Mary - Article paru dans le Monde des Moulins - N°21 - juillet 2007